GIANLUIGI BUFFON, l'an passé, à l'aller à Paris, l'Italie s'était inclinée (3-1), notamment parce qu'elle avait été dépassée physiquement. Qu'en est-il aujourd'hui ?

G.B. : Notre condition pourrait encore être un peu inférieure à la leur. Mais notre caractère, notre envie de vaincre devraient colmater cette petite différence. C'est une rencontre très importante que nous devons gagner. Il ne faut pas se trouver d'alibis.

L'équipe de France vous fait-elle peur ?

G.B. : J'ai le plus grand respect pour elle. C'est une très grande équipe qui, actuellement, est probablement meilleure que nous. Mais cela ne veut pas dire que nous la craignons. Dans les moments où nous sommes forts, nous décevons toujours. Mais dans les moments les plus difficiles, nous parvenons toujours à donner notre meilleur. Notre état d'esprit nous a permis de remporter une Coupe du monde. Du point de vue de la détermination, du caractère, nous n'avons rien à envier à personne. Nous jouerons avec toute l'agressivité nécessaire pour l'emporter.

L'absence en défense de Marco Materazzi, blessé, est-elle handicapante ?

G.B. : Sans Marco, nous perdons de l'épaisseur. Mais peut-être aussi que cela va donner un brin de sérénité en plus. Personne ne cherchera à venger quelqu'un, il n'y aura aucun genre de "chasse à l'homme". Et puis Marco a le temps, il retrouvera les Français à l'Euro...

Les déclarations polémiques qui n'ont pas manqué au cours des dernières semaines vous perturbent-elles ?

G.B. : La rencontre est dans trois jours. Tout le reste est désormais passé au second plan. Et puis je voudrais savoir dans quel contexte certaines phrases ont été prononcées. De toute façon, la meilleure réponse que nous puissions donner, c'est sur le terrain. Et on verra qui sourira à la fin du match.

Que pensez-vous de Raymond Domenech et de son accusation sur un match Italie-France Espoirs de 1999 avec un "arbitre acheté" ?

G.B. : C'est une personne folklorique. Je ne lui veux pas de mal. Je ne le connais pas et je ne veux pas le juger que sur ce que j'ai pu entendre. Il a sa personnalité. Mais je me demande si c'est normal qu'un entraîneur, qui a des devoirs, se permette de faire de telles affirmations. Il doit éduquer, pas monter les personnes les unes contre les autres.

AFP