Pour noircir encore un peu plus le tableau, l'Italie perdait à Budapest Marco Materazzi. Samedi, les Transalpins seront ainsi orphelins de deux éléments clés, deux pièces maîtresses du onze champion du monde en 2006. Le défenseur central de l'Inter Milan ne sera donc pas de la partie, ni sans doute Luca Toni, toujours très incertain. Materazzi avait déjà manqué ses retrouvailles avec les Bleus lors du match aller, suspendu par la FIFA à la suite de sa célébrissime altercation avec Zidane en finale du dernier Mondial. Cette fois-ci, c'est une sévère blessure à la cuisse droite qui empêchera le solide défenseur central de tenir sa place.

Pour pallier son absence, Roberto Donadoni a le choix. Barzagli ou Panucci ? L'ancien Monégasque semble tenir la corde à la faveur de ses prestations convaincantes aux côtés de Philippe Mexés dans l'axe de la défense de l'AS Rome en ce début de saison. Pour son grand retour en sélection (absent depuis 2004), Panucci devrait donc être aligné d'entrée de jeu. Andrea Barzagli fera sans doute les frais de sa rentrée calamiteuse à la mi-temps de Hongrie-Italie. Dans l'axe Panucci devrait être associé à Fabio Cannavaro. Le Ballon d'Or, directement impliqué sur deux des trois buts hongrois, n'aborde pas lui non plus la rencontre dans les meilleures conditions. Décidément inquiétant.

Le retour de Super Pippo

L'attaque également est chancelante. La contracture à la cuisse droite de Toni contrarie les plans de Donadoni. Même si le buteur du Bayern veut rester optimiste : "Mon état de santé évolue de jour en jour. Il ne me manque plus grand-chose pour être guéri." En son absence, c'est Filippo Inzaghi qui devrait animer le front de l'attaque transalpine. L'homme décisif de San Siro devra être fidèle à sa réputation de buteur providentiel lors des grands rendez-vous pour faire oublier l'impressionnant début de saison de Toni en Bavière (3 buts en 3 matchs).

La Squadra Azzurra, qui compte deux points de retard sur la France, aborde donc diminuée un match sinon décisif, en tout cas primordial face aux Bleus. La défaite lui est interdite alors que l'Italie n'a plus gagné face à la France depuis 1978, si l'on excepte les séances de tirs au but. Dos au mur, l'Italie a déjà montré qu'elle pouvait répondre présente. Avant le Mondial 2006, après avoir perdu Totti sur blessure, de nombreux joueurs de la Nazionale étaient frappés par la suspicion entourant les affaires de matchs truqués du Calcio. On connaît la suite.

Eurosport - Martin MOSNIER