ven 31 aoû 2007
France la liste de 24 joueurs contre l'Italie et l'Ecosse
31 08 2007le retour de David Trezeguet ou sa suspension par l'UEFA, Raymond Domenech s'explique. Concernant ses propos sur le football italien, le sélectionneur "assume", même s'il parle de "dérapage verbal". Mais il préférerait qu'on oublie cette affaire.
RAYMOND DOMENECH, comment avez-vous établi votre liste de 24 joueurs ?
R.D. : Cette liste est là pour deux matches qui sont importants. Il n'y pas de surprises. Ce qu'on a vu lors des matches en Slovaquie se retrouve ici. On n'est pas dans la période des essais ou des expérimentations. On a trois mois décisifs qui arrivent et il faut être performants tout de suite. On prépare ces deux matches avec une idée précise que j'ai confirmée l'autre fois avec la liste élargie de la Slovaquie. Mais, en fait, il reste cinq matchs et l'objectif reste le même : se qualifier pour l'Euro.
Comment abordez-vous les prochains matches en Italie et face à l'Ecosse ?
R.D. : Ça dépendra déjà du résultat des autres équipes. Mais disons qu'à partir de quatre points, ça deviendra intéressant. Mais je ne vais pas fixer d'objectif précis. On fera du mieux possible. Quelles que soient les incidences des prochains résultats, même si on aura une petite indication, ce qui compte c'est le mois de novembre. L'Italie et l'Ecosse se situent dans la continuité. Je sais qu'on va beaucoup me parler de l'Italie mais je veux placer ces deux rencontres dans un ensemble. Ces deux matches sont indissociables.
Qu'attendez-vous de William Gallas qui a pourtant annoncé qu'il sera encore absent trois semaines ?
R.D. : Pour moi, William fait partie des cadres de l'équipe. On a des nouvelles de sa blessure mais on ne sait pas trop. Au moins, je pourrai le voir sur place. Ce qui est important, c'est d'avoir les joueurs cadres avec nous, ça compte. Mais j'espère toujours. Avec William, on a parfois d'agréables surprises. On verra où il en est. C'est l'un des pivots de l'équipe donc je prends le risque de savoir s'il sera ou pas en l'état de jouer. Et il est également envisageable de le garder avec nous même s'il ne joue pas. Ça nous est déjà arrivé. Italie-France ou France-Ecosse, ce n'est pas la blessure de Gallas qui compte. Ce qui compte, c'est le groupe. Il doit être solide et fonctionner avec tout le monde, avec des cadres qui transmettent un message pour remplir notre objectif. Mais il y a encore un espoir.
Concernant Patrick Vieira, c'est le même cas de figure ?
R.D. : C'est à peu près la même chose oui. Patrick n'est pas encore complètement opérationnel mais, d'ici une dizaine de jours... Je ne me fais pas de souci. Si je compare avec William, il y a moins de soucis à se faire. Et de toute façon, Patrick fait lui aussi partie des cadres et sa présence est indispensable pour faire passer les messages. Ça me paraît important qu'il soit là , d'autant qu'il y a une possibilité pour qu'il soit opérationnel.
L'absence Djibril Cissé est-elle liée à sa blessure ou est-ce un choix sportif ?
R.D. : C'est un ensemble. Il est blessé et je ne sais pas encore s'il jouera dimanche et s'il sera rétabli dans dix jours. Et puis la concurrence est également assez importante dans le secteur offensif.
Le retour de David Trezeguet s'appuie sur sa prestation en A' ou sur son match du week-end dernier avec la Juventus ?
R.D. : Je le répète, en Slovaquie, il n'y avait pas un match des A et un match des A'. Il y avait un groupe qui se préparait pour l'Italie. Donc ça n'est pas un retour. David faisait partie de ce groupe de 35. Il a montré qu'il avait des capacités et du talent. Encore une fois, la concurrence au poste d'attaquant joue toujours et elle joue dans les deux sens.
Lui avait pourtant estimé le fait de jouer avec les A' comme un "manque de respect". Etes-vous déçu par sa réaction ?
R.D. : Je ne suis ni déçu, ni malheureux. Ça fait longtemps que j'ai abandonné les états d'âme. Le seul objectif de cette génération, c'est la qualification pour l'Euro. Les joueurs talentueux qui peuvent être utiles sont appelés. Pas les autres. Mais il y a de la concurrence et il y a le choix. Je comprends que certains joueurs puissent être déçus s'ils ne sont pas suffisamment titulaires. J'ai aussi été joueur, je sais que ça ne fait jamais plaisir. Aujourd'hui, David est avec nous et j'espère qu'il nous aidera. Tous les joueurs ont envie de jouer, c'est normal. Je n'en fais pas un fromage. Cela me parait normal. Mon problème c'est de savoir qui peut marquer des buts et lui il peut en marquer.
Pourquoi avoir appelé trois gardiens ?
R.D. : En Géorgie, on a eu un problème avec un joueur et on a posé la question à un délégué, c'est-à dire savoir s'il était toujours possible de changer un joueur. D'après le règlement, on n'a pas le droit à une exception près : on peut inscrire le nom d'un gardien qui ne figure pas sur la feuille de match en cas de blessure du titulaire ou remplaçant lors de l'échauffement. Trois gardiens, c'est donc pour éviter de prendre un risque en cas de souci une heure avant le coup d'envoi. Comme lors d'une Coupe du monde. C'est une sécurité.
Si votre suspension est confirmée et que vous n'êtes pas sur le banc contre l'Italie, comment allez-vous vous organiser ?
R.D. : Je vais essayer de prouver que l'entraîneur ne sert à rien le jour du match, ou pas à grand chose. Une grande équipe est capable de se prendre en charge avec un schéma qui est vu auparavant à l'entraînement, avec toutes les options en fonction de ce qui va se passer sur le terrain. La grande équipe est celle qui est capable de s'adapter sans être obligée de se retourner vers le banc pour demander ce qu'il faut faire. Elle doit savoir se prendre en charge. Et ça a toujours été mon rêve : me dire que je ne sers plus à rien.
Avez-vous été surpris par cette décision ?
R.D. : Si j'ai fait appel... Je ne sais pas encore ce qui va se passer mais, moi, j'ai prévu d'être sur le banc. Ce n'est pas moi qui prendrais la décision finale mais, si ça ne tenait qu'à moi, je serai sur le banc. Je ne me pose pas de questions. Moi, je prépare les matches de l'Italie et de l'Ecosse de la meilleure manière possible.
Si vous êtes dans les tribunes, vous pourriez vous retrouver au côté de Marco Materazzi...
R.D. : (Il sourit) Au moins, en ce moment, je cours plus vite que lui... Il leur manque des joueurs. Nous aussi, a-t-il expliqué. En g énéral, je ne m'occupe pas de l'équipe adverse. Chacun fait pour le mieux avec ce qu'il a sur le banc. Ce sont les aléas de la compétition, cela ne me concerne pas.
Regrettez-vous vos propos ?
R.D. : J'assume toutes les conséquences. Quand on dit quelque chose, je sais qu'il peut y avoir des retours. J'ai dit dans Téléfoot que j'avais peut-être fait un amalgame entre deux affaires qui n'avaient rien avoir l'une avec l'autre. Je le confirme. Mais j'assume ce dérapage verbal qui a entraîné des conséquences que je n'imaginais même pas. Je ne dis pas disproportionnées mais je ne m'y attendais pas., moi, je prépare les matches de l'Italie et de l'Ecosse.
Après les réactions que ces déclarations ont suscitées en Italie, redoutez-vous l'accueil du public de San Siro ?
R.D. : Je ne sais pas. Je me souviens que lors du match aller, j'ai été le premier à défendre les Italiens. D'ailleurs, les joueurs italiens ont insisté ce qui s'était passé au Stade de France. Personne n'a sifflé les hymnes et il n'y a pas eu de problème particulier. Et j'ai été celui qui a lancé ce cri du c&oeligur en demandant de respecter les Italiens. Ils sont champions du monde, ils le seront pendant quatre ans et ils le méritent. J'ai même chanté leur hymne car je l'aime bien. Maintenant, je laisse aux autres leur liberté.
Si vous faites appel, c'est doncque vous disposez des preuves sur ce que vous avancez ?
R.D. : Il faut arrêter. Ce qu'on est en train de préparer, ça n'est pas mon procès. On prépare l'Italie, l'Ecosse, les Féroé, la Ltuanie et l'Ukrainie. Ça me paraît plus important d'expliquer qu'il y a un groupe qui a envie de se battre. Je préfère l'éclairage sur l'équipe, ça c'est l'actualité. Mon cas n'est pas important. Pour moi, c'est un épiphénomène qui vient se greffer là -dessus et qui ne m'arrange pas forcement. Je préfère que l'on mette l'éclairage sur l'équipe. Si on pouvait m'oublier sur cette affaire...
Avez-vous hâte de disputer cet Italie-France ?
R.D. : Oui. Je l'attends avec impatience. On m'en a beaucoup parlé. J'ai essayé de rappeler qu'il y avait aussi l'Ecosse ensuite mais on me ramène toujours à l'Italie. Mais, pour le monde, ce genre de match est exceptionnel. Diriger une équipe dans ce genre de match, face aux champions du monde, c'est un challenge passionnant.
Quelle importance accordez-vous à la défaite des Italiens en Hongrie (1-3) ?
R.D. : Elle n'a strictement aucun sens. C'était un match de préparation. On était encore à quinze jours du match. Il va encore y avoir des matches d'ici là . Cela ne veut rien dire du tout. Au contraire, ça risque de les amener à resserrer les boulons car ça a quand même dû les inquiéter. Mais je ne juge pas les Italiens là -dessus.
Eurosport - Propos recueillis par Anthony PROCUREUR