Son départ de Lyon n'a pourtant pas été chose simple. Il a d'ailleurs tenu clarifier les conditions de son transfert. "Il y a eu des choses qui ont été dites qui ne m'ont pas plu. Au départ, je ne voulais pas forcément quitter Lyon mais les dirigeants m'ont fait comprendre qu'ils ne comptaient plus sur moi. Par la suite, ils ont eu des problèmes d'attaquants (nombreuses blessures, ndlr) et ils ont alors changé leur fusil d'épaules mais c'était trop tard, raconte Nino. Pendant cette période, j'ai eu quelques contacts avec certains clubs d'abord le Qatar, puis Marseille, Paris et l'étranger. Lorsque Rennes a signalé son intérêt, j'ai tout de suite adhéré au projet". Même un dernier obstacle (l'OL demandait aux Rennais de prendre en charge le salaire du joueur pour tout le mois d'août) n'aura pas empêché son retour dans le club de ses débuts.

Un joli coup de pub

Il faut dire que le club breton a mis les moyens pour s'attacher les services de la nouvelle star. "Il a fait un effort" , selon Frédéric de Saint-Sernin, qui a tout de même déboursé 1.5 millions d'euros pour racheter la dernière année de contrat du joueur. S'il percevra seulement la moitié de ce qu'il touchait à Lyon, son salaire s'élèvera tout de même à 150 000 euros mensuels. Une rémunération jamais atteinte à Rennes. Il touchera également une prime, qui a été quadruplé, dans l'hypothèse où il terminerait meilleur buteur du championnat. Le président, qui n'a pas voulu en dévoiler le montant, peut néanmoins être satisfait de son joli coup de pub : "C'est une grosse satisfaction pour le club, la récompense de beaucoup de travail et un coup de projecteur sur notre centre de formation. Ce n'est pas que du sport, c'est aussi une belle histoire, ce retour d'une personnalité forte du foot français".

Au Stade de la Route de Lorient, on espère désormais que Sylvain Wiltord aura laissé ses frasques des derniers mois derrière lui en quittant l'OL. Le joueur, lui, en ai persuadé et s'apprête à se concentrer à 100 % sur son retour aux sources. "Cela fait 10 ans que j'ai quitté le club. Je ne veux pas me coller d'étiquette et venir en sauveur, met-il toutefois en garde. Ce qui m'importe c'est que je sente que le club me fasse confiance. Je suis quelqu'un qui marche au challenge. Je suis à Rennes pour essayer de faire grandir le club. C'est vrai qu'il n'y a pas les mêmes moyens qu'à Arsenal ou à Lyon mais l'essentiel pour moi, c'est le terrain" . Et, à 33 ans, il garde toujours l'équipe de France en vue : "Tant que je ne suis pas blessé, je postulerai toujours. Porter le maillot bleu, c'est toujours spécial, quand on a gouté à l'équipe de France, on ne veut qu'une chose c'est être à nouveau sélectionné".

"Je ne veux pas venir en sauveur"

Mais, malgré son statut de star, Wiltord devra se faire une place au sein d'une attaque pléthorique. En attendant l'arrivée d'Emerson, attendu dans les prochaines heures, Jimmy Briand, Julian Esteban, Lhadji Badiane, Jires Ekoko ou Daniel Moreira, lorsqu'il sera revenu de blessure, postulent à ce poste. "Il y en avait partout où je suis passé. A Lyon, il y avait 4 ou 5 attaquants performants et cela ne m'a pas empêché de m'entraîner normalement et de jouer beaucoup de matches", rappelle-t-il. Car la force de Wiltord est de savoir s'adapter. "Je peux jouer à droite, en pointe, derrière un attaquant, peu m'importe. Je suis à la disposition du coach", précise-t-il encore. Mais, après autant de sacrifices, comment ne pas le faire jouer ? Il y aura forcement des mécontents. Pierre Dréossi, qui l'a incorporé dans le groupe face à Metz, pourra se faire une première idée, samedi.

Eurosport - A.P.