Greg LeMond n'est pas étonné de voir la Grande Boucle à nouveau touchée par des scandales de dopage
Par Sport Magazine,
vendredi 27 juillet 2007 à 11:27 :: Cyclisme
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Etes-vous surpris par les affaires qui ont éclaté sur le Tour de France ?
Greg LEMOND : Pas vraiment. Quand vous regardez la vitesse à laquelle certains coureurs grimpent les cols, ils vont aussi vite qu'à l'époque de Pantani. Ce qui me choque, c'est la relation que peuvent encore entretenir certains avec le Docteur Ferrari. Ils pensent qu'ils ne peuvent y arriver sans lui.
L'équipe Rabobank a-t-elle bien fait de renvoyer Michael Rasmussen du Tour alors qu'il n'a pas été contrôlé positif ?
G.L. : Si on a puni Rasmussen, alors il faut impliquer d'autres coureurs contre lesquels les preuves sont bien plus grandes. Ce n'est pas normal que ces coureurs puissent s'en sortir. Quand je pense que Floyd Landis (contrôlé positif lors de sa victoire en 2006) s'est défendu en clamant que les échantillons testés par le laboratoire français étaient manipulés, que les Français étaient contre lui et qu'il n'y avait pas de culture de dopage en cyclisme... Soit Floyd est un grand naïf, soit il est vraiment de mauvaise foi.
Pour vous, il y a donc encore des coureurs dopés dans le peloton?
G.L. : C'est évident. Les coureurs savent bien qui est dopé et qui ne l'est pas. Prenez Contador par exemple (ndlr: Alberto Contador, le nouveau leader). Rasmussen et lui ont le même gabarit. Ils pèsent aux alentours de 60 kilos et tous les deux grimpent aussi vite que Pantani en son temps. C'est déjà suffisant pour lever le drapeau rouge. En plus, son nom a été associé à l'affaire Puerto. Je ne pointe pas Contador du doigt. Mais je dis juste que si on a attrapé Rasmussen, alors il faut regarder de plus près ce que font ses concurrents.
Pourquoi les coureurs continuent-ils à se doper s'ils savent que tôt ou tard ils vont se "faire coffrer"?
G.L. : Si vous regardez de plus près, très peu de coureurs se font attraper. Il y a trop de mailles dans le filet. Et il en sera ainsi tant que nous ne modifions pas les méthodes de contrôle. Par exemple, aucun des coureurs n'est contrôlé avant le départ de la course. Les seuls contrôles se déroulent tôt le matin. Ce qui veut dire qu'ils peuvent faire à peu près ce qu'ils veulent avant le départ. L'UCI et les organisateurs du Tour font du bon boulot. Mais pour obtenir des résultats durables et éradiquer le dopage, il faudrait créer une structure indépendante, dans le même genre que l'AMA mais que pour le cyclisme. Cette entité serait financée par les gouvernements et aurait un pouvoir punitif. Je ne vois que cette solution pour aboutir à davantage de transparence.
Devrait-il avoir un vainqueur dimanche sur les Champs-Elysées?
G.L. : Non. J'aurais préféré que les organisateurs n'octroient pas de maillot jaune. Cela aurait été un geste symbolique.
Le Tour de France a-t-il sérieusement perdu de sa crédibilité selon vous?
G.L. : Je ne m'en fais pas pour le Tour. Il survivra. Le Tour, c'est d'abord un événement avec une histoire, un passé glorieux. Durant trois semaines, les coureurs deviennent des acteurs. Si vous retirez ces acteurs et vous les remplacez par d'autres, le Tour gardera toujours de sa saveur. Là, où je suis assez pessimiste, c'est pour l'image du cyclisme qui a pris un sérieux coup. Chaque fois qu'on se dit : ça va aller un peu mieux, on replonge."
Eurosport - AFP
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