ven 13 juil 2007
John Gadret (AG2R), la première semaine du Tour, c'est un peu la galère
13 07 2007John GADRET : Oui, je suis vraiment en galère, surtout quand ça accélère. Je serre les dents et je fais tout pour m'accrocher et perdre le moins de temps possible. Pour le moment, ça s'est plutôt bien passé. Mais je suis pratiquement tout le temps dans les 20 derniers du peloton. C'est un peu énervant mais je ne peux pas faire mieux ! Je veux surtout éviter les chutes en fait.
En général, on dit qu'il vaut mieux être devant pour éviter les chutes…
J.G. : Je sais. Mon leader Christophe Moreau préfère être devant, mais il a beaucoup plus d'expérience que moi. Moi, je préfère être derrière, quitte à prendre plus de vent. Je me sens plus à l'aise comme ça.
Vous êtes seul derrière ou l'équipe AG2R essaie-t-elle de vous protéger?
J.G. : Non je suis tout seul et c'est normal. Nos avons un leader, qui est Christophe Moreau. Je n'ai pas à être protégé. Cela dit, je suis souvent avec Stéphane Goubert en queue de peloton. Il court un peu comme moi. Donc quand il faut remonter, je suis rarement tout seul. C'est déjà bien.
Y a-t-il une sorte de confrérie des grimpeurs à l'arrière du peloton, des gens qui attendent, comme vous, que la montagne arrive?
J.G. : Oui, je croise souvent Michael Rasmussen de la Rabobank en queue de peloton. Son coéquipier Thomas Dekker traine aussi pas mal dans le coin. Mais on ne se parle pas trop. Il faut éviter de discuter. Il faut être tout le temps très concentré pour éviter les chutes. La moindre inattention peut être fatale, ça peut venir très vite.
La peur de la chute provoque-t-elle une fatigue nerveuse, en plus de l'usure physique?
J.G. : C'est vrai que les premiers jours, on a tout le temps de la chute. Dès que ça frotte, que ça freine un peu fort, on se dit "ça y est, on va se retrouver par terre". Donc c'est un peu stressant à force.
Vous avez hâte de vous retrouver en montagne?
J.G. : Oui. Jeudi, on a eu un petit avant-goût. Il reste une étape plate pour les sprinters vendredi, après ce sera les Alpes. Enfin. On va rentrer dans le vif du sujet. J'ai vraiment hâte d'y être, effectivement.
Allez-vous jouer votre carte dans les Alpes?
J.G. : L'étape de Tignes m'intéresse. Mais comme je l'ai dit, nous avons un leader, Christophe Moreau. Ca va dépendre de lui et de sa forme. Comme je pense qu'il est en très grande forme, on va bosser pour lui. Je vais essayer de l'emmener le plus loin possible. Après, pour moi, on verra !
Eurosport - Prpos recueillis par Christian CHAMBRES