Si le marketing et les joueurs s'adaptent (voir les tenues rétro-chics de Federer) à l'obligation de porter du blanc, si les fraises ont toujours du succès dans les tribunes et si la pluie est toujours invitée de marque, le respect du sacro-saint dimanche de la première semaine est en cause cette année.

David Nalbandian, Argentin révolté et écrasé au 3e tour par Marcos Baghdatis, a déclaré que "les organisateurs faisaient ce qu'il voulait et que les joueurs ne comptaient pas. " Outre la colère du vaincu, s'exprime aussi une contestation justifiée de l'absence de jeu dimanche dernier. Il a fait beau et les organisateurs ne pouvaient pas ne pas savoir que les prévisions étaient plutôt mauvaises pour la suite.

Cet attachement à la tradition a conduit à programmer pas moins de 107 matches lundi, dont 68 n'ont même pas commencé, tandis que 26 seulement sont allés à leur terme.

Le tableau dames plutôt épargné : Justine Henin, comme Roger Federer, s'est qualifiée très tôt pour les quarts de finale lundi. Le 3e tour est fini et il ne reste plus qu'un seul huitième à jouer : Venus Williams-Maria Sharapova. La crampe de Serena Williams ne devrait pas avoir de conséquences puisque l'Américaine a bénéficié d'un jour de repos mardi avant de rencontrer Justine Henin pour le choc du tournoi.

Chaos dans le tableau messieurs : Là, la situation est critique. Rafael Nadal et Novak Djokovic ne sont pas assurés de passer le 3e tour... En pleine deuxième semaine, le N.2 mondial, finaliste l'an dernier, et le grand espoir du circuit, demi-finaliste à Roland-Garros, se retrouvent dans l'obligation de jouer cinq matches en cinq jours s'ils veulent remporter le titre.

Le bateau coule donc et seul le capitaine reste à la barre : entendez, seul Roger Federer surnage au sommet d'un tableau chamboulé par les reports de matches. Le Suisse a non seulement eu de la chance de finir ses matches mais il a n'a pas eu à jouer son huitième de finale (forfait de Tommy Haas). Ce qui ressemble à un avantage pourrait d'ailleurs se révéler plus ennuyeux.

Le N.1 mondial n'aime pas briser le rythme de ses parcours en Grand Chelem. Là, cinq jours se seront déroulés entre son 3e tour et son quart, prévu jeudi. Cela revient à participer à deux tournois différents, avec la chance encore une fois de jouer face à un joueur moins réputé sur gazon, Juan Carlos Ferrero.

Gasquet et Tsonga, le tour le plus long : Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga doivent disputer le match le plus important de leur carrière, celui qui peut leur ouvrir les portes d'un premier quart de finale de Grand Chelem. Les deux Français, qui se connaissent depuis leur adolescence (trois matches, trois victoires de Gasquet chez les juniors en 2001 et 2002), attendent depuis vendredi ce choc hors-norme. Ils ont terminé leur 3e tour vendredi, ont attendu samedi et dimanche normalement, puis lundi et mardi.

Bilan : Le bas de tableau est déjà sinistré. Le finaliste sera soit épuisé, soit déboussolé. Novak Djokovic est le plus mal en point. Le Serbe n'a joué que deux sets de son 3e tour. Le haut de tableau pourrait se compliquer si Roddick, Mathieu, Tsonga et Gasquet n'en finissent pas rapidement. Si le vainqueur n'est pas Roger Federer à la fin du tournoi, il y aura une "canonisation" tennistique à prévoir, dimanche... ou lundi !

Eurosport - Julien CARRASCO