Justement, est-ce que l'accueil du public lors du jubilé de Sonny Anderson a pesé au moment de votre choix ?

G.C. : Non, ma décision était prise. Mais cette marque de sympathie est un élément important. Ça a permis de conforter mon idée. Je crois que c'est aussi la volonté de Bernard (Lacombe) et de Jean-Michel Aulas qui a pesé. Ils n'ont cessé de répéter qu'ils voulaient me conserver absolument, ça compte. Ils m'ont fait part de leur volonté de continuer de progresser ensemble. Leurs mots m'ont touché.

Y-a-t-il eu un risque de ne pas aller pas jusqu'au bout de votre contrat ?

G.C. : Très sincèrement, je me suis posé pour la première fois la question. Je me suis demandé s'il n'était pas temps de partir car on a vécu une saison un peu spéciale. Et quand on est amoureux du club, ça touche beaucoup. Quand on a 34 ans avec une dernière année de contrat et quand on est à un tournant de sa carrière, la réflexion est logique. Je me suis dis que tenter l'aventure trois ans à l'étranger était la bonne décision. Histoire de partir en haut de la vague. On a toujours peur de faire l'année de trop. Mais là, j'ai été rassuré en parlant avec les gens du club. A partir du moment où les deux parties voulaient faire encore un bout de chemin ensemble, j'avais la confiance qui me donnait envie de m'investir. Et le fait que je connaisse très bien mon entraîneur Joël Bats m'a confirmé dans l'envie de rester.

Pendant votre période d'hésitation, avez-vous été contacté par des clubs ?

G.C. : Non. On a quelques touches comme cela. Mais ce n'étaient que des "on dit". Bien sûr, il y a eu quelques contacts mais il n'y avait rien de vraiment engagé.

Vous avez parlé de Joël Bats. On sait que vous avez une relation particulière avec lui. Etait-il indispensable qu'il reste ?

G.C. : Bien sûr. J'ai demandé à M. Aulas combien de temps, il lui restait de contrat. Du coup voilà, il lui reste trois ans. Il me reste trois ans aussi. Ça fait partie des éléments déterminants et importants de l'aventure. Depuis que "Jo" a repris le poste d'entraîneur des gardiens de but, je ne me suis jamais embêté. C'est important dans ma vie au quotidien au club.

Quand vous avez signé votre premier contrat avec les Gones, pensiez-vous être encore au sommet à 34 ans ?

G.C. : Je me suis toujours fixé une barre d'activité au plus haut niveau à 35 ans. Et pourtant, j'avoue que je ne me suis jamais senti aussi bien. Mais à mon avis, il va falloir que j'apprenne à gérer un peu plus mes efforts. A un moment, il faut savoir lever un peu le pied pour en garder en qualité mais perdre un peu en quantité.

Vous venez de terminer une saison éprouvante avec des éches (C1, Coupe de Ligue, Coupe de France) et des succès. Quel moment vous a le plus marqué ?

G.C. : La fin de saison. Quand tous les jours, vous devez vous excuser de n'être que champion. On joue une finale de la Coupe de la Ligue, et les gens annoncent qu'il faut la remporter pour sauver la saison. Ça parait fou. On bosse autant et finalement on entend ce genre de commentaires. C'est dur. Ce contraste là a été difficile à vivre.

Justement, ce manque de reconnaissance ne risque-t-il pas d'être encore plus présent l'année prochaine car on vous attend de plus en plus haut ?

G.C. : Si. Je m'attends encore à souffrir. J'avoue que je pense que ce sera difficile. En même temps, un nouveau coach arrive. Il va donc y avoir une nouvelle dynamique qui va se mettre en place. Ça va redistribuer un peu les cartes au niveau du groupe. On aura des joueurs qui auront à coeur de prouver encore plus pour gagner leur place. Il a encore une saison très excitante à vivre. On doit conserver notre titre. Mais vous savez, essayer de rester les meilleurs est le plus beau challenge.

Pourriez-vous être capitaine la saison prochaine ?

G.C. : Tout le monde se fixe sur ce brassard. Il est bien porté jusqu'à présent. Et l'investissement qu'on eu des Juninho ou des Sidney Govou, Cris ou Malouda a été bénéfique pour eux. A mon poste, il n'est pas nécessaire d'avoir un brassard car je suis trop loin de l'action. En revanche, avec mon expérience et mon autorité naturelle, je suis capitaine légitime. Je me sens écouté. Donc je n'ai pas de revendication. Je n'ai pas besoin de porter un brassard. Je sais qui je suis. Et surtout les joueurs savent qui je suis...

Avant de signer définitivement, vous êtes-vous renseigné sur le profil de l'équipe pour le prochain exercice ?

G.C.: Non. Mais j'ai eu le coach au téléphone longuement. Je lui ai exposé ma réflexion car il avait aussi besoin d'être rassuré. De savoir s'il pouvait compter sur moi. Le contact est bien passé. C'est un défi pour moi de débuter avec un nouveau coach.

Avez-vous eu une exigence par rapport à Remi Vercoutre ?

G.C. : Non ! Ou si : qu'il soit toujours aussi motivé à l'entraînement. Je le dis souvent à mes remplaçants : les respecter, c'est leur faire concurrence comme eux le feront. Je me sers beaucoup d'eux pour me motiver J'ai besoin de ça. Je n'ai jamais demandé dans un contrat d'avoir l'exclusivité d'être numéro 1. C'est à moi de le prouver.

Est-ce une manière d'envoyer un message à Raymond Domenech ?

G.C. : Il le sait. L'équipe de France est très importante pour moi. S'il a besoin je suis là. Je suis là pour les Bleus.

Vous voyez-vous à la Coupe du monde 2010 ?

G.C. : J'aimerais déjà bien me voir à l'Euro. Mais j'avoue qu'un Mondial en Afrique du Sud, c'est quand même motivant... Je repousse les limites de plus en plus loin. J'ai 34 ans et j'ai désormais trois ans de contrat. Dino Zoff a été champion du monde après 40 ans. Alors pourquoi ne pas aller chercher ce genre de record. Je bats des records au sein du club alors pourquoi pas aussi les chercher au niveau du football en général.

Votre réflexion pour prolonger se posait en termes de carrière mais aussi de choix de vie, qu'en est-il ? L'hypothèse d'un départ à l'étranger est-elle totalement écartée ?

G.C. : Rien n'est écarté. Dans le football, tout peut aller très vite. Je voulais faire découvrir une autre culture à mes enfants, il n'en sera rien. Mais attention, en 2010, je ne prendrais pas ma retraite pour autant. C'est mon avant-dernier contrat...

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