Maria Sharapova, tête de série N.2, a arraché sa place en demi-finale malgré une épaule douloureuse.

Ana Ivanovic, révélée au grand public à Paris en 2005 grâce à sa victoire sur Amélie Mauresmo, découvre elle aussi le luxe du dernier carré parisien.

Sharapova déterminée, Ivanovic confiante

La partie trouve ainsi son équilibre : Ana Ivanovic possède un fond de jeu plus adaptée à la surface, mais elle ne possède pas l'expérience de sa rivale en Grand Chelem. A la puissance de Sharapova répond la densité du jeu d'Ivanovic. La Russe, qui a dominé sa compatriote Anna Chakvetadze avec un aplomb qu'on ne lui connaissait pas sur terre battue, s'est montrée confiante. "Elle joue un peu comme Chakvetadze, elle tape fort et à plat. Ce sera un match difficile", mais sous-entendu, à ma portée.

Maria semble oublier que la jeune Serbe met un peu plus de poids dans sa balle. Et selon ses propres mots, Ivanovic a amélioré son jeu de jambes sur terre. Sans parler de la confiance. Ana a débarqué à Paris suite à un formidable début de saison.

"Slaves" to love

Elle a remporté son premier Tier I à Rome, compte un total de quinze victoires et deux défaites seulement sur terre battue, et se trouve désormais bien installée dans le top 10 du classement WTA. Son parcours à Roland-Garros est exemplaire, avec des premiers tours contrôlés, une performance solide contre Anabel Medina Garrigues, récente vainqueur à Strasbourg, et un match idéal contre Svetlana Kuznetsova, finaliste à Paris l'an dernier.

"Je n'avais pas d'objectif particulier quand je suis arrivé ici. Mais je suis arrivée en confiance", lance-t-elle. Contre Kuznetsova, elle a joué au premier et au troisième set son meilleur tennis. Ana grandit et sait désormais, mieux appréhender les matches face aux tops 10. Le travail de son entraîneur Sven Groenefeld, ancien coach de Mary Pierce et Nathalie Dechy, semble payer.

Maria comme Mary ?

Côté Sharapova, c'est encore Mary Pierce que certains observateurs invoquent. L'Américain Peter Bodo (tennis.com) a récemment lancé que la Russe avait tout ou presque pour gagner le titre, soit un authentique désir de remporter le tournoi (jouer avec une épaule blessée en est l'illustration) et une détermination de cogneuse que ni Pierce, ni Monica Seles ne renierait. Et cela en dépit de son jeu de jambes perfectible en la matière.

La Sibérienne de Floride, qui a eu très chaud contre Patty Schnyder (deux balles de match à sauver), croit elle-même ferme en son destin parisien : "Ma présence en finale n'est pas une surprise. Je ne suis pas surprise d'être en demi-finale des Internationaux de France. Beaucoup de surprises intéressantes se sont produites dans ma vie. Je garde la tête froide."

Eurosport - Julien Carrasco