Marion Bartoli est déçue. Blessée à la cuisse droite
Par Sport Magazine,
lundi 4 juin 2007 à 10:31 :: Tennis
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MARION BARTOLI, Il n'y a pas grand chose à dire sur cette rencontre. On peut même dire qu'il n'y a pas eu de match...
M.B. : Oui, c'est vrai, on peut le dire. J'ai pas eu de chance avec ma blessure qui est survenu au cours du premier set. C'est comme ça, mais c'est surtout le résultat de plusieurs semaines d'effort, Prague, Strasbourg et mon 4e tour ici. Dès le début du match, j'ai eu du mal à courir pour aller chercher la balle, mais bon j'ai tout fait pour tenir jusqu'au bout, malgré la douleur. Pourtant je m'étais bien préparée, je ne sentais de pression particulière, même si jouer derrière Roger Federer était assez impressionnant.
De quoi souffrez-vous exactement ?
M.B. : Il faut que je passe une IRM lundi pour en être sûre, mais j'ai un problème dans la hanche, qui me déclenche une décharge électrique dans le quadriceps. Je ne peux me fléchir sur la jambe droite.
C'est vraiment frustrant de vous voir finir comme ça...
M.B. : C'était un vrai cauchemar, j'avais vraiment envie de partir le plus vite possible. C'était très dur à vivre, dans la mesure où tous les gens m'encourageaient au bord du court en me disant "Allez, t'es la dernière française, c'est le match de ta vie, il faut te battre jusqu'au bout, mais qu'est-ce que tu fais? Tu joues mal"... donc de se sentir impuissante, c'est très dur, de subir ça chez soi au 4e tour à Paris... c'est pas facile à digérer. Donc oui, c'est frustrant. Le plus frustrant était de voir passer des balles sur lesquelles on fait quelque chose en général, mais sur lesquelles là on ne peut même pas toucher... parce que la douleur fait que je ne peux pas fléchir ma jambe. Je ne peux avoir qu'un très gros sentiment de frustration. Mais je suis restée jusqu'au bout. Je ne voulais pas abandonner aujourd'hui.
Que vous a dit justement le médecin sur le bord du court ? Qu'il fallait arrêter les frais ?
M.B. : Il m'a proposée de mettre un straping et de me donner des anti-inflammatoires pour calmer la douleur. Mais m'a dit que si je continuais à la sentir après deux jeux, il fallait arrêter pour éviter d'aggraver ta blessure, qui ne s'en ira pas de toute façon. Mais je lui ai répondu que ce n'était pas grave, qu'il fallait que je continue, même sur une jambe, je ne me suis jamais posé la question s'il fallait que j'abandonne ou pas. Après j'ai essayé de faire quelques points gagnants pour ne pas être ridicule, mais je n'ai même pas pensé si cela pouvait aggraver ma blessure.
Est-ce votre pire souvenir à Roland-Garros ?
M.B. : Non, je n'irais pas jusque là. Des matches plus durs que ça, j'en ai connus. Comme des moments où je faisais des matches horribles, où il n'y avait personne pour me voir et où je n'étais même pas blessée... donc ces souvenirs-là sont de mauvais souvenirs. Aujourd'hui, ce n'est pas un grand souvenir, mais ce 4e tour est un bon résultat pour moi, même si le tableau est gâché par cette blessure. Maintenant, je vais prendre du repos et analysé pourquoi cela s'est passé ainsi. Et puis retravailler pour être encore plus endurante et surtout être moins fatiguée.
Avez-vous tout de même pris du plaisir cette année ?
M.B. : Oui quand même. Je crois que le match qui m'a procuré le plus de plaisir est ma victoire face à Elena Dementieva. Elle a un très beau palmarès, notamment en Grand Chelem, et est une joueuse d'expérience. Donc pour moi, battre Elena sur le Lenglen plein à craquer restera un beau souvenir.
Vous vous dite être hors de toute pression, mais il doit bien y avoir un peu de stress quand on joue un match pareil dans ces circonstances ?
M.B. : Il n'y avait plus de stress que ça. Ce qui est paradoxal, c'est que je me suis relâché au fur et à mesure des tours, mentalement. Là où j'étais le plus tendu, c'était vraiment lors de mon premier match face à Aravane Rezaï. C'est là où j'étais la plus nerveuse parce que c'était un match piège par excellence. Une fois l'obstacle passé, j'allais beaucoup mieux et suis arrivée avec toute la possession de mes moyens les tours d'après. Je pense que ma douleur vient de ma fatigue générale accumulée entre Strasbourg et ici. Même si j'ai gagné en deux sets face à Dementieva, j'étais lessivée mentalement. Le fait d'être la dernière Française ne m'a pas dérangée avant d'entrer sur le court. Une fois dedans, là oui, je l'ai ressentie et l'ai même pris de plein fouet...
Pensez-vous qu'après un début d'année compliqué, votre saison est enfin lancée après Strasbourg et Roland-Garros ?
M.B. : Merci pour le début d'année difficile, je l'ai entendu un certain nombre de fois... si ma saison est lancée, je ne peux pas le dire. Je peux juste vous dire mon niveau revient peu à peu à celui de l'an passé, c'est-à-dire entre 15e et 20e mondiale, donc un niveau où je compte être. Donc j'espère continuer à jouer comme ça, surtout avec le prochain Grand Chelem qui m'attend. Même si la confiance est revenue pour le reste de la saison, chaque match entamé en tennis peut tout remettre en cause. Une bonne sensation de la veille peut s'évanouir le match d'après, c'est ce qui est très dur dans le tennis. Donc objectivement, je ne peux pas savoir si effectivement, ma saison est lancée... Je l'espère vraiment. Le gazon répondra certainement pour moi.
Que pensez-vous de la débâcle française à Roland-Garros cette saison? Vous vous êtes posé cette question ou est-ce trop compliqué à répondre?
M.B. : C'est difficile de donner une explication comme ça. Au niveau masculin, je ne connais pas leur préparation, donc c'est difficile à dire. Pour le niveau féminin, il faut dire qu'Amélie Mauresmo est la seule Française dans le Top 10 qui aime sans doute moins la terre battue que les autres surfaces. Si vous regardez le niveau des filles, c'est très structuré. Toutes les filles en 1/8 sont forcément dans le Top 30. Si on regarde le classement, Amélie est N°4, Tatiana est N°19, moi 21. Il n'y a pas encore assez de filles dans le Top 10 pour rivaliser, tout simplement. A mon niveau, faire un 4e tour est déjà très bien, faire un quart est un exploit, aller au bout, n'en parlons pas. Le niveau est très vérouillé. Chez les garçons, c'est un peu la même chose. On ne peut pas faire des exploits tout le temps. Tatiana et moi sommes loin du Top 10 pour rivaliser. Je ne vois que cela pour expliquer ce qu'il se passe.
Eurosport
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