Si les Français ont vécu un an de football intense et, de la Coupe du monde 2006 à aujourd'hui, n'ont connu que de brèves phases de récupération, ceux-ci conservent la force de répondre présent lorsqu'il le faut. Et toujours avec la même envie. Mis à part le couac écossais, les vice-champions du monde ont toujours été au niveau de leur réputation lors de la première moitié des éliminatoires du Championnat d'Europe 2008. "La saison a été longue. Mais il n'y a pas de ras le bol, assure Franck Ribéry. Quand on joue en équipe de France, je pense que personne n'en a ras le bol. On prend du plaisir lorsqu'on est en sélection." Le plaisir, c'est bien mais encore faut-il que les jambes suivent. Quand on sait qu'une partie des sélectionnés - les "Anglais" - n'avaient plus rejoué de match officiel depuis le 13 mai dernier, il y avait quelques inquiétudes à avoir.

"Le deuxième match est difficile"

Buteur et excellent samedi soir, Nicolas Anelka s'est posé des questions quant à sa capacité à se remettre dans le bain. "Une coupure, c'est très difficile, a confié l'attaquant de Bolton dimanche. Même si je me suis entraîné deux trois jours avant le rassemblement, on a pratiquement eu quinze jours de vacances. Et un entraînement individuel n'est pas un entrainement de groupe. Couper comme ça, sans match, n'est pas évident. Mais dans l'ensemble, ça s'est bien passé. A la fin, j'étais quand même fatigué. " Tout de même... Reste désormais à enchaîner. Et si l'on en croit les membres de l'équipe de France, le plus dur n'est peut-être pas derrière eux.

Si la Géorgie reste un adversaire d'un calibre inférieur à celui de l'Ukraine et qu'un succès mercredi à Auxerre n'aurait rien d'exceptionnel, les Bleus doivent éviter le piège évident de la déconcentration voire de la décontraction. "Je pense que les joueurs sont assez intelligents et connaissent leur métier. On sait que cela ne sera pas facile. Je ne crois pas au relâchement", assure Nicolas Anelka. Sélectionneur heureux, même s'il se refuse à dresser le moindre bilan alors que la moitié du parcours a été parcourue et que son équipe mène le bal, Raymond Domenech ne craint pas non plus le moindre relâchement de ses joueurs malgré la satisfaction du devoir accompli samedi et la proximité de vacances bien méritées.

Le patron des Bleus est plus inquiet quant à un éventuel contrecoup physique. "Pour l'implication, pas de problème. En revanche, les joueurs ont arrêté depuis longtemps et la dépense d'énergie a été énorme. Certains n'ont peut-être pas le fond pour l'assumer. Pour le rythme, c'est le deuxième match qui est difficile. On attend mercredi pour lever toutes les réserves." D'ici là, Raymond Domenech ne s'interdit évidemment pas quelques changements. On le sait, Grégory Coupet est d'ores et déjà forfait et sera remplacé par Mickaël Landreau dans les buts tricolores. Quant à William Gallas, victime d'une contracture à une cuisse et incertain avant l'Ukraine, il n'est pas sûr de fouler la pelouse de l'Abbé-Deschamps mercredi. Mais devrait tout faire pour. On l"a encore vu samedi, abandonner n"est pas dans les habitudes du joueur. Et encore moins de la maison France.

Eurosport - Maxime DUPUIS