Jimmy Briand vit sa sélection comme une récompense pour sa belle fin de saison avec Rennes
Par Sport Magazine,
jeudi 31 mai 2007 à 10:54 :: Football
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JIMMY BRIAND, êtes-vous surpris d'être appelé en équipe de France A ?
J.B. : Oui, je suis surpris car l'équipe de France était un objectif à long terme. Mais, si le coach m'a pris, c'est que je le méritais. Après la surprise, j'ai immédiatement essayer de me fondre rapidement dans le groupe. Maintenant, j'espère jouer. On a un objectif commun : gagner nos deux rencontres contre l'Ukraine et la Géorgie. Donc s'il fait appel à moi, je répondrai présent. Sinon, je suis là pour aider le groupe.
Quelle est la différence entre l'équipe de France A et les Espoirs ?
J.B. : C'est la classe au-dessus. C'est vraiment différent. C'est sûr qu'il y a plus de pression car on dispute des matches que tout le monde regarde, des matches vraiment très importants. Mais que ce soit avec les Espoirs ou avec les A, je donnerai tout ce que j'ai et on verra à la fin si tout s'est bien passé.
Avez-vous évacué votre déception après la non-qualification de Rennes en Ligue des Champions ?
J.B. : Oui, ça y est. Le match contre Lille avait lieu samedi et, dès le dimanche, j'avais la tête vers les Bleus. On a touché la Ligue des Champions du bout des doigts puis on nous l'a enlevée. Mais on était dernier au mois d'août avec zéro point donc si on nous avait dit qu'on terminerait quatrième du championnat, on aurait signé tout de suite. Il faut relativiser et se dire que quatrième, c'est déjà pas mal.
Cette sélection peut-elle jouer sur votre avenir ?
J.B. : Oui et non. A partir du moment où on est performant, on a des chances d'être appelé. Que je sois à Rennes ou dans un autre club, le plus important est que je joue et que je sois performant. Mais pour l'instant, ça n'est pas à l'ordre du jour. Je ne pense qu'aux Bleus et on verra mon avenir plus tard.
Peut-on dire que vous avez franchi un cap cette saison ?
J.B. : Oui, j'ai franchi un cap. Mais la seule et unique raison, c'est que j'ai enchaîné les matches. Avant, j'étais plutôt remplaçant et je rentrais de temps en temps. Mais depuis que je suis titulaire, j'ai emmagasiné de la confiance. Et quand la confiance est là, on peut réussir de très belles choses. L'équipe est également montée en puissance à ce moment là. Donc, si je suis sélectionné aujourd'hui en équipe de France, c'est aussi grâce à mes coéquipiers qui m'ont permis de me mettre en valeur.
Pour l'heure, Thierry Henry et David Trezeguet sont absents. Comment envisagez-vous leurs retours ?
J.B. : Ce sera plus dur pour moi, bien sûr. Mais vous oubliez aussi Louis Saha, Sylvain Wiltord et encore beaucoup d'autres. Mais si je suis ici, c'est que le sélectionneur a jugé sur la forme du moment et que je le méritais. Moi, je ne pose pas la question de savoir qui est là ou qui n'est pas là. Aujourd'hui, je suis là et je vais donner le maximum pour rester le plus longtemps possible. Mes qualités, je les montre chaque semaine avec Rennes. Je n'ai pas l'intention de changer ma façon de jouer. Le coach me connaît. Je resterai moi-même donc je serai généreux comme je le suis et ensuite j'essaierai de marquer car on demande surtout de marquer des buts à un attaquant.
Par rapport à eux, comment définiriez-vous votre style de jeu ?
J.B. : Je ne suis pas un renard des surfaces, à guetter le moindre ballon. Moi, j'ai besoin de courir, de bouger, de me déplacer mais j'aime aussi marquer des buts parce que c'est mon rôle. Contre l'Ukraine et la Géorgie, il y aura peu d'espaces. On connaît, ça nous arrive parfois en championnat. Donc il va falloir trouver d'autres solutions, comme passer par les côtés pour se retrouver devant leur but.
Vous avez déjà joué au Stade de France ?
J.B. : Oui, j'ai déjà joué au Stade de France en finale de la Coupe Gambardella en 2001. C'était une belle génération avec Faty, Gourcuff, Bourillon, Mvuemba... D'ailleurs, on avait gagné 4-1 contre Strasbourg donc j'espère que ce sera pareil samedi. C'était très impressionnant. En plus, j'avais marqué un but ! J'espérais bien y revenir un jour. C'était l'un de mes objectifs. On verra si j'ai la chance de fouler à nouveau la pelouse. Sinon, je continuerai à travailler.
Avec une telle génération, on comprend mal que Rennes ne joue pas plus souvent le haut du tableau...
J.B. : Sur les trois dernières saisons, on a terminé au minimum à la 7e place. On est dans la continuité mais on est une équipe assez jeune. Parfois, il manque un peu d'expérience pour basculer dans le haut du classement. Il faut nous laisser le temps. Des joueurs comme Gourcuff, ou Jacques Faty sont partis mais ce sont des opportunités qui ne se refusent pas. C'est vrai qu'on est peut-être parfois trop impatients. Mais il y a encore de très bons jeunes qui arrivent à Rennes. Je ne me fais pas de soucis.
Et vous, êtes vous prêt à tenter l'aventure à l'étranger ?
J.B. : Oui, je suis prêt. Mais il y a beaucoup de paramètres. L'important aujourd'hui, c'est de continuer sur ma lancée et continuer à jouer. J'ai pas mal galéré pour jouer donc j'ai envie d'enchainer les matches tous les week-ends, que ce soit à Rennes ou dans un autre club. Je crois que j'ai gagné une place de titulaire cette saison. Mais il y aura peut-être des arrivées, de la concurrence et je réclamerai de jouer.
Eurosport - Propos recueillis par Anthony PROCUREUR, à Clairefontaine
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