Plus que jamais, le Real Madrid avait animé le marché des transferts l'été dernier en remaniant une grande partie de son effectif. Avec les arrivées de Fabio Cannavaro, Emerson, Mahamadou Diarra, Ruud Van Nistelrooy, le tout encadré par un nouvel entraîneur, Fabio Capello, l'équipe madrilène avait de quoi faire saliver sur le papier malgré le départ à la retraite de Zinédine Zidane. Mais l'entraîneur italien, si brillant soit-il, ne pouvait pas transformer cette somme d'individualités en un collectif solide d'un seul coup de baguette magique. Même s'il n'a jamais quitté le top 5 du classement de la Liga depuis la deuxième journée, le Real n'avait jamais donné l'impression de pouvoir rivaliser avec le Barça dans la course au titre.

Une force mentale

La donne a changé depuis le mois d'avril. Sorti par la petite porte de la Ligue des Champions après avoir subi la loi du Bayern Munich, éliminé de la Copa del Rey, mis sous tension par la démission de Capello refusée par les dirigeants merengue, le Real a su se mobiliser quand on imaginait déjà son explosion. Avec à la clé une série de quatre victoires consécutives, dont deux face à des rivaux directs dans la course au titre, Valence (2-0) et le FC Séville (3-2). La confiance est revenue à Madrid, à l'image d'un Ruud Van Nistelrooy particulièrement prolifique en cette fin de saison. Le Néerlandais a en effet frappé six fois au cours de cette série victorieuse pour prendre la tête du classement des buteurs avec 21 réalisations.

S'il a largement contribué à la prise de pouvoir de son club, d'autres facteurs expliquent cependant la montée en puissance de l'équipe de Capello. L'entraîneur italien peut en effet compter sur un collectif désormais solide malgré quelques lacunes défensives, mais surtout capable de retourner des situations grâce à des ressources morales insoupçonnées. "J'ai vraiment apprécié le caractère dont l'équipe a fait preuve et son enthousiasme pour renverser le match. C'est dans ces moments là qu'on peut se convaincre de gagner tous les matches. C'est notre but", a déclaré Capello après la victoire sur l'Espanyol. On imagine le soulagement de l'Italien, au bord de la démission en mars car découragé par le manque d'adhésion de ses joueurs à son discours. Celle-ci est désormais en mesure d'apporter un 30e titre de champion au club merengue. Par un jeu toujours offensif, mais surtout au mental.

Eurosport - Vincent BREGEVIN