Tour d'Italie 2007
Par Sport Magazine,
jeudi 10 mai 2007 à 11:18 :: Cyclisme
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Astana, qui court sous licence suisse et qui porte le nom de la capitale de la nation de ses leaders emblématiques, Alexandre Vinokourov et Andrei Kashechkin, a recruté de façon spectaculaire cet hiver. Elle a attiré dans ses filets l'Allemand Andreas Klöden et l'Italien Paolo Savoldelli. Avec dans ses rangs un vainqueur de la Vuelta (Vinokourov), un coureur auteur de deux podiums sur le Tour de France (Klöden) et un double lauréat du Giro (Savoldelli), il est facile de deviner les ambitions de l'équipe : briller sur les trois grands tours de l'année. Le premier objectif d'Astana est donc le Tour d'Italie qui débute samedi en Sardaigne, et l'homme désigné pour mener la mission des Jaune et Turquoise sera tout naturellement Paolo Savoldelli.
A quelques heures du départ du Giro 2007, "Baby Face" fait partie des favoris pour la victoire finale, succès qui serait alors son troisième dans l'épreuve transalpine. A 34 ans, depuis le 7 mai dernier, l'Italien compte quoi qu'il arrive un palmarès bien garni. Et pourtant, sa carrière n'a pas été de tout repos. Passé pro en 1996 chez Roslotto, Paolo Savoldelli se révèle en 1998 en remportant le Tour du Trentin, course qu'il empoche de nouveau l'année suivante. En 2000, il signe un premier succès de prestige dans le Tour de Romandie, et laisse alors entrevoir, à 27 ans, un bel avenir dans les grands tours. Et pourtant, c'est le début des infortunes qui commence. Juste après ce succès, il se blesse au genou et ne participe pas au Giro. Il devra attendre 2002 pour retrouver la plénitude de ses moyens, et briller sur les routes de son tour national.
Un Giro 2002 rocambolesque
C'est à la surprise générale que l'homme de Clusone remporte le Giro 2002, au terme d'une édition qui restera dans les mémoires. S'il gagne la course avant tout grâce à ses qualités intrasèques, et notamment de descendeur, qui lui valent les surnoms de "Kamikaze" ou celui, plus répandu, de "Falco Bergamasco", Savoldelli doit surtout sa victoire à une succession de péripéties incroyables : Les deux favoris de la course, Gilberto Simoni et Stefano Garzelli, sont exclus de l'épreuve pour un contrôle antidopage positif. Celui qui endosse alors le costume de favori, Dario Frigo, se retire pour "problèmes physiques"... Savoldelli voit alors des possibilités de victoire finale apparaître, et compte sur des incidents encore moins prévisibles : Cadel Evans est victime d'une fringale, Wladimir Belli perd son sang froid et est disqualifié pour avoir frappé un tifoso de Simoni, Francesco Casagrande est mis à pied pour avoir fait chuter un adversaire, et Tyler Hamilton est dépassé par les évènements lors du chrono final.
Savoldelli est alors propulsé au rang de vainqueur du Giro, alors qu'il n'est que le leader de la modeste formation Index Alexia. De 2003 à 2005, l'histoire change. S'ajoutent à son palmarès une kyrielle de blessures, qui vont le reléguer, d'après la presse Italienne, au rang d'étoile filante. Savoldelli rejoint l'année suivant son sacre la "dream team" Telekom, : ses deux saisons en Allemagne restent blanches. Ce n'est qu'en 2005, trois ans après son Giro victorieux, que le "Faucon" retrouve toutes ses capacités en rejoignant Lance Armstrong chez Discovery Channel. Loin d'être considéré comme un favori à la veille du départ, il va très vite se montrer à la hauteur de ses rivaux. Même si la défaillance d'Ivan Basso dans le Stelvio est pour beaucoup dans sa victoire finale, Savoldelli a cette fois remporté le Giro avec la manière, et a rayé d'un trait ses trois années de disette.
Seulement cinquième du Tour d'Italie l'an passé, il a ressenti le besoin de changer quelque chose, en rejoignant la formation Astana cet hiver. La transition s'est faite sans soucis, avec une deuxième place au général lors du récent Tour de Romandie, qui place le "Kamikaze" à nouveau parmi les favoris du Giro. Si Savoldelli n'a pas l'arrogance d'un "Gibo" Simoni ou la facilité d'un Damiano Cunego, il a en tout cas le courage et la discrétion qui en font un coureur respecté dans le peloton italien. Sur les trois semaines qui arrivent, il aura beaucoup à attendre de son lieutenant Eddy Mazzoleni, 10e en 2003, et des cinq Kazakhs qui formeront sa garde rapprochée. Astana n'a, depuis sa création, disputé qu'un seul grand tour, la Vuelta 2006, qu'elle a remportée. La série est en cours.
Eurosport - F-X.R. & A.P
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