Départs soudains de la Jonelière, le centre d'entrainement nantais, préparation à sa guise, Barthez a ajouté à sa carte de visite plusieurs altercations avec certains coéquipiers. La dernière en date, dans le courant de la semaine, l'avait opposé au jeune Dimitri Payet. Mais ce ne sont apparemment ni les réticences que sa sortie de retraite a provoquées, ni ces tensions internes, qui ont entrainé le ras-le-bol du "Divin chauve". À la sortie de la Beaujoire samedi soir, après une défaite face au voisin rennais (0-2) qui condamne presque à coup sûr Nantes à la descente en L2, le champion du monde 98 a été pris à partie par plusieurs "supporters". La goutte d'eau qui a noyé Barthez dans ses tourments.

Retraite définitive en vue

"Sur le parking du stade, il a vu arriver cinq gars qui se sont précipités sur sa voiture et l'ont bloquée tout en l'insultant , explique le président de Nantes, Rudi Roussillon. Ils ont tapé sur le véhicule avec les pieds et les mains et l'un d'eux à même tenté de le faire sortir. Il s'est alors défendu". La réaction impulsive et relativement logique a ensuite donné lieu à une décision plus posée, mais encore plus détonante. L'ancien gardien de l'OM a zappé l'entrainement prévu dimanche matin, sans que son entraineur, Michel Der Zakarian, ne soit apparemment prévenu, puis il est passé dire au revoir à plusieurs commerçants proches de son lieu de résidence. Barthez a senti le besoin de voir ailleurs et suivi son instinct. "Il est très marqué, même traumatisé semble-t-il", continue Rudi Roussillon.

"Il nous a demandé d'aller se ressourcer auprès de sa famille ". Un au revoir qui s'apparente à un adieu, de l'aveu même du président nantais: "J'espère le convaincre de rester, mais je considère comme plausible le fait qu'il ne revienne pas". Le FCNA, à qui il reste quatre matches pour croire au miracle du sauvetage, n'avait pas besoin de ça. Dans cette mauvaise passe, Nantes et Barthez partagent un point commun: ce mois d'avril 2007 devrait marquer la fin du bail des Canaris en L1, et la fin de carrière du gardien tricolore. Comme si, un semestre et tant de tumultes plus tard, rien n'avait en fait changé, ni pour l'un, ni pour l'autre.

Eurosport - Jean TERZIAN