mer 25 avr 2007
Ivan Basso est à nouveau à l'arrêt
25 04 2007On l'imaginait, et lui aussi sans doute, en successeur de Lance Armstrong. D'une certaine manière, Ivan Basso l'a été. Mais pas franchement comme il l'escomptait. Dans le registre de la suspicion, et non au palmarès du Tour de France, ce dont il rêvait. Le Texan est passé entre les gouttes. L'Italien s'apprête à essuyer un nouvel orage. Rattrapé une nouvelle fois, peut-être une de trop, par l'affaire Puerto, le champion de Varèse au visage d'ange voit sa carrière se figer pour la deuxième fois en peu de temps.
Privé du Tour 2006, il va probablement manquer le prochain Giro, dont il est tenant du titre. Sans présager de ce qui découlera de la réouverture de son dossier devant le Comité olympique italien, Basso pourrait ne pas se relever de ce deuxième coup de frein. Il s'était remis de son éviction du Tour de France et de sa mise à l'écart chez CSC. En octobre dernier, il avait même obtenu le droit de courir à nouveau. Recruté par Discovery Channel, l'ancien protégé de Bjarne Riis espérait avoir tourné pour de bon la page. Raté.
Les masques vont tomber
Ivan Basso risque désormais très gros. Le parquet de Bergame va en effet récupérer les poches de sang supposées appartenir au coureur transalpin. Le juge espagnol, qui a classé l'affaire entre-temps, a interdit l'utilisation des éléments de l'enquête à des fins disciplinaires. Mais il a accepté récemment la demande des autorités judiciaires allemandes qui voulaient identifier du sang attribué à Ullrich. L'opération, par le biais de l'ADN, a accablé l'Allemand. Le même procédé pourrait clarifier la situation de Basso.
Il n'y a donc que deux solutions. Soit l'Italien est innocent, auquel cas il n'a rien à craindre d'un telle analyse. L'été dernier, il avait d'ailleurs affirmé son désir de se soumettre à des tests ADN, afin de prouver sa bonne foi, avant d'écarter cette hypothèse. Curieux. En revanche, si c'est bien son sang qui se trouve dans ces fameuses poches, on passera de la suspicion à la culpabilité. Les masques vont donc (enfin) tomber. Si, comme le croit la Gazzetta dello Sport, les analyses ont lieu dans les 10 jours, Basso est peut-être tout près de la sortie.
Les frais de Sibérie
Basso a toujours nié se cacher sous le nom de code "Birillo" figurant sur les poches de sang retrouvées chez le Dr Fuentes. Mais selon le magazine espagnol Interviu, tout accable Basso. Les enquêteurs espagnols auraient corroboré que "Birillo" était bel et bien Basso à partir d'une écoute téléphonique datant du dernier Giro (cf article "Discovery suspend Basso"). Birillo figure notamment dans un agenda "comportant un calendrier d'extractions et d'injection de sang et dans des documents le liant à des traitements illégaux depuis 2004", assure Interviu.
Des documents datant de 2004 font également apparaître que Birillo a payé 35.000 euros pour dopage et 6.000 euros supplémentaires pour des "frais de Sibérie", correspondant selon l'hebdomadaire à la congélation de produits sanguins. Tout cela ne sent pas très bon. La Flèche Wallonne est partie sans Ivan Basso mercredi matin. Personne ne peut dire aujourd'hui quand l'Italien reprendra la compétition, s'il la reprend un jour. Il y a dans tout cela quelque chose de triste. De pathétique, même.
Eurosport - Laurent VERGNE