lun 23 avr 2007
Bordeaux, au terme d'un match parfaitement maîtrisé, domine Saint-Etienne
23 04 2007Plus le plaisir est court et plus, légitimement, on a envie d'y regoûter. C'est un peu ça la politique du moment côté bordelais. Vite entrés et... vite sortis de la Ligue des Champions, les Girondins, après une pige express en coupe de l'UEFA, ont pris le bon chemin pour retrouver la plus glorieuse des compétitions européennes. Une victoire en milieu de semaine aux dépens de Nancy (3-0), un Marouane Chamakh enfin réconcilié avec le but adverse: il n'en fallait pas plus pour encourager les protégés de Ricardo à remettre le couvert, cette fois sur la pelouse de Saint-Etienne (0-2).
Les Verts, décidément bien pâles dans cette phase retour de championnat, ne sont plus maîtres chez eux. Certes, cette donnée est tout sauf un scoop mais a le désavantage de perdurer alors que la course aux places d'honneur touche à sa fin. Qu'a-t-il manqué au fond aux hommes d'Ivan Hasek pour dérégler la mécanique bordelaise ? Probablement une véritable entame de match. Si le grand frisson de la première période est forézien, des suites d'une tête sur la transversale de Camara (27e), ce dernier n'est qu'un gros leurre. Bordeaux domine d'entrée son sujet, bouscule l'arrière-garde locale et multiplie les prises de risque, s'appuyant notamment sur les courtes jambes d'Alonso, partenaire particulier du duo Jussiê-Chamakh.
Obertan éteint le Chaudron
La mainmise girondine n'est pas qu'une vaste impression. Fernando (7e) et Chamakh (9e, 10e) se chargent de le confirmer. Mais l'international marocain ne retrouve pas la même verve que celle affichée mercredi dernier et voit le cadre se dérober sous ses yeux. Quelque peu émoussés, les Girondins s'attèlent à faire ce qu'ils font le mieux : gérer leur rencontre. Aidés par le manque de pénétration offensive adverse, les joueurs au scapulaire frappent une première fois, dès le retour des vestiaires. Fernando reprend aux six mètres une merveille de coup franc signée Wendel (1-0, 50e) et plonge un peu plus l'ASSE au fond de la marmite.
Incapable de renverser la vapeur dès lors qu'il est mené au score sur sa pelouse, Saint-Etienne impose la réflexion suivante : à quelle sauce les Verts vont-ils être mangés cette fois ? Butant sur une solide formation girondine, toujours aussi habile à conserver un résultat, les hommes d'Ivan Hasek sont mystifiés en fin de partie par un exploit individuel d'Obertan (0-2, 90+4). Un scénario difficile à encaisser pour des Stéphanois pourtant méritants, à l'image d'Ilan (54e) ou de Perrin (59e), dégoûtés par un Ulrich Ramé impérial sur sa ligne.
En cette période de suffrage électoral, Bordeaux (3e) se positionne dans la course à la prochaine Ligue des Champions et s'offre un second tour. Un round qu'il faudra bien négocier maintenant que le podium est de nouveau d'actualité. D'autant que dimanche prochain, c'est Lens (2e), concurrent direct, qu'il faudra mater. Moins convaincant que son bourreau de la soirée, Saint-Etienne (9e), à sept longueurs désormais du premier ticket pour la C1, voit ses rêves européens sérieusement compromis. Du côté du Forez, alors que le voisin lyonnais roucoule avec un sixième titre de champion sous l'escarcelle, on peut déjà commencer à parler de... campagne ratée.
Eurosport - Alix DULAC