La sérénité est donc le maitre mot des Italiens. Ils peuvent en plus s'appuyer sur plusieurs atouts. Tout d'abord les stades, même vétustes, sont un des points forts du dossier italien. Huit villes ont été choisies pour organiser les rencontres. Cinq stades vont être rénovés, le Stade San Nicola de Bari, lieu de la finale de la Ligue des Champions 1991, le stade Artemio Franchi de Florence, Giuseppe-Meazza de Milan, le stade Olimpico de Rome et le Friuli d'Udine. Trois enceintes vont être édifiées pour l'occasion. Un nouveau stade de 40 000 places va voir le jour sur les bases de l'actuel Delle Alpi à Turin. Naples va également se doter d'une nouvelle enceinte, tout comme Palerme. Un autre point fort du dossier italien, sa faculté à organiser des événements de grande échelle. Les Jeux Olympiques de Turin 2006 sont de l'avis de tous les observateurs une franche réussite. L'Italie a également organisé les Coupes du monde 1934 et 1990, les Championnats d'Europe 1968 et 1980 et plusieurs finales de Ligue des Champions. Ajoutez à cela, l'organisation des Mondiaux de natation en 2009 et de volley en 2010.

Les tickets en retrait

Comme l'Autriche et la Suisse, qui ont décroché l'organisation commune du prochain Championnat d'Europe, la Croatie et la Hongrie se sont associées pour un ticket espéré gagnant. Pour autant, les deux pays ne partent pas favoris. La faute à une inexpérience de ce genre de rendez-vous en premier lieu et également à un retard au niveau structurel. En effet, malgré ses soucis récents, l'Italie parait bien plus au point et offre évidemment plus de garanties que les Croates et les Hongrois. Pour Miroslav Blazevic, ancien sélectionneur de la Croatie, troisième du Mondial 1998, les chances du ticket croato-hongrois sont nulles. "La Croatie et la Hongrie n'ont aucune chance", lance-t-il sans détour.

Les infrastructures liées aux transports et à l'accueil sont un handicap. Le pays manque d'hôtels de standing. De même que les stades ne sont pas vraiment au niveau d'un tel événement. Pour le moment, ils sont peu à pouvoir accueillir une telle compétition. En Croatie, selon une estimation officielle, il faudrait par exemple investir près de 370 millions d'euros pour construire deux nouveaux stades (Osijek et Rijeka) et pour rénover ceux de Zagreb et de Split. Bref, ce n'est pas gagné. On peut le regretter sur un point cependant : l'ouverture d'une telle compétition à l'est de l'Europe serait un événement au moins aussi important que la tenue du premier Grand Prix de Hongrie de Formule 1 en 1986. A l'image de la Croatie et de la Hongrie, la Pologne et l'Ukraine partent un peu avec les mêmes défauts. Des infrastructures routières, hôtelières et des stades qui ne sont pas au niveau escompté pour un tel rendez-vous. Si l'Ukraine a commencé à construire de nouvelles enceintes à Donetsk ou Dniepropetrovsk, cela reste insuffisant. Mais l'effort est tout de même louable. Sera-t-il suffisant pour convaincre les 14 membres - dont Michel Platini - de l'UEFA ? L'Europe reste sceptique.

Eurosport - Thomas KOSKAS avec Maxime DUPUIS