Ce n'est pourtant pas faute d'avoir des joueurs capables de faire la différence. Avec Johan Micoud, Wendel, Vladimir Smicer, Stéphane Dalmat, Jean-Claude Darcheville, Marouane Chamakh, Jussiê et Fernando Cavenaghi, sans parler des jeunes et prometteurs Pablo Francia et Gabriel Obertan, Bordeaux possède même l'un des effectifs les plus riches en talents offensifs parmi toutes les équipes de Ligue 1. Malgré cette armada, les Girondins carburent à la piteuse moyenne d'un but par match.

Il y a pire en France, malheureusement, puisque les Bordelais affichent quand même la dixième attaque du championnat. Mais le manque d'ambitions offensives des hommes de Ricardo, masqué l'an passé par une réussite parfois insolente, commence sérieusement à inquiéter y compris au sein du club. Premier concerné, Jean-Claude Darcheville n'a pu retenir sa frustration et sa colère après la rencontre face à Paris. "Dans ma tête, je pensais que la meilleure solution pour prendre les trois points, c'était de passer à deux devant. Après, le coach fait son choix (son remplacement par Chamakh à la 67e), je le respecte, mais à certains moments il faut qu'on se donne les moyens pour atteindre les objectifs. En jouant comme cela, on ne peut pas être deuxième, c'est clair et net" , a lâché l'attaquant bordelais au coup de sifflet final.

Un problème d'état d'esprit

Si l'ancien Lorientais souligne le coaching frileux de Ricardo, il n'y a pourtant pas grand chose à dire sur le schéma de jeu mis en place par le technicien brésilien au coup d'envoi de la rencontre. Avec quatre joueurs à vocation offensive, Micoud, Faubert, Jussiê et Darcheville, Bordeaux semblait avoir les moyens de marquer des buts au PSG. A part en titularisant Faubert en latéral pour aligner un autre joueur offensif sur le couloir droit, Ricardo ne pouvait pas donner un visage beaucoup plus conquérant à son équipe.

Le problème réside plutôt dans l'état d'esprit des joueurs. A l'image de cette action symptomatique de la 25e minute, avec un Darcheville excentré côté gauche levant les bras en l'air de dépit parce qu'aucun de ses partenaires ne s'était présenté dans la surface pour reprendre un éventuel centre de l'attaquant girondin. Un manque de soutien offensif qui contraste avec la solidarité défensive dont les Bordelais font preuve depuis deux saisons. Si les Marine et Blanc peuvent encore nourrir des espoirs légitimes pour figurer en Ligue des Champions l'an prochain, il leur faudra trouver une solution pour rétablir cet équilibre. Sans quoi leur fin de saison risque d'être ennuyeuse à mourir, à l'image de leur prestation face au PSG.

Eurosport - Vincent BREGEVIN