Le leader du championnat anglais a su composer durant une heure en infériorité numérique, et donc, comme pour la seconde manche mardi prochain, sans Scholes, auteur de trois fautes qui l'ont logiquement fait rejoindre les vestiaires avant tout le monde (34e). Surtout, Manchester n'a besoin que d'un petit but pour franchir une étape supérieure. Un but que les Red Devils sont parvenus à inscrire à Rome sur leur deuxième occasion franche, et qui constitue un petit événement. Non pas par rapport au réalisme, mais du fait de son auteur: Rooney, muet depuis de longues semaines en Premiership et depuis... deux ans et demi en C1. Le jeune Anglais, sans réussite sur un centre de C.Ronaldo (12e), fait preuve d'un sang-froid impeccable pour ajuster Doni en conclusion d'un contre parfait. L'ancien d'Everton permet alors à son équipe de revenir au score de manière inespérée et tellement inattendue (1-1, 60e).

L'AS Rome pourrait se mordre les doigts d'avoir trop laissé jouer les Red Devils au sortir d'un corner pourtant en sa faveur. Trop tranquille, la formation italienne croyait avoir réduit en cendres les espoirs mancuniens. Par Totti, dangereux à deux reprises (14e, 33e) et auteur du dribble fatal à Scholes. Et par une pression brûlante dès l'entame de partie, avec Wilhelmsson (1e), Chivu (5e), qui ne trouvera sa concrétisation qu'avant le repos, sur un corner vite joué à trois: Totti à la baguette vers Mancini, centreur parfait pour Taddei (1-0, 44e). Comme en Serie A face au Milan le week-end dernier, les combinaisons travaillées à l'entrainement portent leur fruit.

Vucinic, entrée payante

En supériorité numérique et devant au tableau d'affichage, Rome continue alors à pousser. Les brèches se multiplient au sein du milieu de terrain de Manchester, souvent proche de la rupture. Totti et Taddei montent en puissance et règnent dans le camp des hommes de Sir Alex. L'Italien et le Brésilien combinent, sans que le premier ne parvienne à ajuster la mire (49e, 79e, 83e). La solution viendra finalement du banc de touche. Alors que l'on attend un changement du côté des Red Devils, c'est Luciano Spalletti qui choisit d'apporter de la fraicheur devant, avec Vucinic (62e). Le Serbe prend ses marques en un éclair. Après avoir trouvé les gants de van der Sar (63e), il fait preuve d'opportunisme et de spontanéité pour redonner l'avantage à la Roma sur une balle mal repoussée par le gardien de M.U (2-1, 66e).

Servi dans la profondeur, Vucinic ne se montre pas assez lucide pour s'offrir un doublé rapide qui aurait été salvateur (68e). Car le club de la Ville Eternelle va donc échouer sur toutes ses ultimes occasions de faire plier Manchester. Les corners obtenus ne leur apporteront aucun bénéfice. Le déboulé de Mancini non plus (81e). Les Mancuniens se permettent au contraire de mieux terminer la rencontre et posent le pied sur le ballon. C.Ronaldo et ses compères savent qu'ils ont eu de la chance de se sortir presque indemne d'une situation complexe. Les Red Devils connaissent aussi leur bilan à Old Trafford. Sur leur pelouse, les champions d'Europe 1999 sont invaincus depuis le début de leur campagne européenne. Mardi prochain, lors du match retour, la tempête pourrait donc changer de cible.

LA DECLA: Luciano Spalletti (entraineur de l'AS Roma)

"Avec un peu plus de chance, on aurait pu l'emporter avec un écart plus conséquent. Nous avions la main sur le match. Rooney a été très bon. Nous avions mis des joueurs pour le marquer, mais il a été plus fort sur l'unique occasion qu'il a eue. L'émotion la plus intense, nous devons encore la vivre. Ce sera la rencontre à Old Trafford qui déterminera qui va en demi-finale. Un nul pourra nous suffire. En tout cas, ce soir le résultat montre que l'on peut se qualifier. On doit être confiants".

Eurosport - Jean TERZIAN