Jean-Michel Aulas défend le bilan de Lyon cette saison
Par Sport Magazine,
mardi 3 avril 2007 à 10:32 :: General
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JEAN-MICHEL AULAS, on imagine que la défaite en finale de la Coupe de la Ligue doit être une grosse déception ?
J-M. A. : Cela s'est joué à vraiment peu de choses. Bordeaux a joué pour gagner, peut-être pas pour maîtriser le match mais ils ont réussi dans leur entreprise. Il faut toujours saluer les gens qui parviennent à atteindre leurs objectifs. De notre côté, il y a bien sûr de la déception mais pas autant que vous l'imaginez car on a la perspective d'une saison plutôt réussie. On ne peut pas imaginer qu'une équipe gagne tous ses matches. Mais on a quand même fait un bon parcours en Coupe de la Ligue et en Ligue des Champions. On va perdre à Marseille de justesse dans la dernière minute en huitièmes de finale de la Coupe de France. Et surtout on va peut-être gagner un 6e titre consécutif, chose qu'aucune équipe en Europe n'a réussi à faire. On a été présent sur tous les matches. On n'est jamais passé à travers. Sauf peut-être sur le match retour face à la Roma qui nous était supérieure. C'est un bilan intéressant même s'il aurait pu être meilleur. Mais ça n'est pas la fin du monde.
De son côté, Gérard Houllier parlait de "hold-up" des Bordelais...
J-M. A. : Moi, je ne rentre pas dans l'analyse tactique. Je laisse ça à Gérard. S'il l'a dit, j'ai plutôt confiance en lui. Il dit en général des choses sensées. Effectivement, Rémy Vercoutre me disait qu'il n'avait pas touché le ballon avant de prendre le but. C'est un fait. Nous, on a peut-être davantage joué le jeu en essayant de construire plus, d'avoir le ballon. Mais on n'a pas marqué de but. Le football n'est pas une science exacte. Il peut l'être sur le championnat, et c'est ce qu'on essaie de faire, mais c'est plus difficile sur un match de coupe.
Avez-vous été pénalisé par l'absence de vos internationaux lors de la trêve ?
J-M. A. : Ça ne nous a pas favorisé de mettre ce match après la quinzaine internationale. Avant cette finale, il nous manquait quinze internationaux plus notre préparateur physique. C'est beaucoup. En face de nous, il n'y avait qu'un joueur qui était absent quinze jours (Rio Mavuba, ndlr). Je pense que cela a pu jouer. Peut-être qu'il nous a manqué cette petite étincelle qui s'est évaporée sur tous les terrains d'Europe. Mais ça amoindrit ma déception et je me dis qu'il faut continuer à travailler, à réfléchir et à investir.
Justement, est-ce que cette défaite peut remettre en cause la stratégie de l'OL ?
J-M. A. : Je vais continuer à travailler et investir. Lyon essaie d'investir beaucoup en prenant une approche qui est différente de celle des autres puisqu'on doit avoir une vingtaine de joueurs internationaux. Si tout le monde se plante sur ces problèmes là, il n'y aura plus d'équipe de haut niveau en France. C'est ce qui nous pend au nez. Il faut avoir une réflexion sur le long terme. La stratégie de l'Olympique lyonnais est une stratégie ambitieuse dont la France en a besoin pour avoir des équipes de haut niveau. S'il n'y pas d'équipe qui essaie de construire pour gagner y compris en Europe, on aura un football sous-développé. Aujourd'hui, neuf joueurs de l'équipe de France sont à Lyon. Cela fait 15 ou 20 ans que ça n'était plus arriver. On prend des risques. Mais quand la finale de la Coupe de la Ligue se situe après une semaine de matches internationaux, c'est un peu plus compliqué.
Lors de vos difficultés en janvier, vous répondiez pourtant que Lyon serait prêt en mars...
J-M. A. : Je crois que l'explication vient de l'organisation du championnat de France. On a repris la compétition le 29 juillet et on nous a demandé d'être présents sans nos internationaux. Ce sont donc 12 joueurs qui n'ont pas eu de préparation foncière. Si vous regardez toutes les grandes équipes avec beaucoup d'internationaux en Europe, comme Barcelone ou l'Inter Milan, elles ont eu beaucoup de difficultés. Et pourtant les championnats espagnols et italiens démarrent fin août. On pense qu'on le paye aujourd'hui. Mais il faut que tout le monde puisse se préparer normalement pour disputer une finale. Là je pense que Bordeaux a pu mieux la préparer. Et puis il faudrait également que le championnat démarre aussi en même temps que les autres championnats internationaux pour permettre aux joueurs sélectionnés de jouer en sélection mais aussi de faire une préparation foncière.
Quelles leçons allez-vous en tirer pour l'avenir ?
J-M. A. : On peut imaginer un système de gestion différente sur une saison complète. On avait 26 joueurs disponibles pour ce match. Peut-être qu'il y en a un, deux ou trois de trop dans la mesure où on a aussi de très jeunes joueurs qui sont excellents mais qui jouent moins de ce fait. Il devra peut-être y avoir une réflexion par rapport à cela. Mais encore une fois je pense qu'il ne faut pas être abattu parce qu'on a perdu une finale à la 90eme minute après avoir dominé de la tête et des épaules.
On a beaucoup parlé de fin de cycle à Lyon. Est-ce votre avis ?
J-M. A. : Pas du tout. On a des joueurs qui sont plutôt jeunes. Benzema vient d'intégrer l'équipe de France, Ben Arfa suit juste derrière. On a un gardien qui est le gardien de l'équipe de France et qui veut renouveler pour trois ans. Dans notre idée, il souhaite qu'il prolonge mais il faut qu'on ait un deal pour qu'il continue en équipe de France. On pense que c'est bien pour lui et pour l'Olympique lyonnais. J'aimerais qu'il dise qu'il veuille être titulaire jusqu'en Afrique du Sud en 2010. Et je suis très confiant. Juninho a confirmé qu'il voulait aussi rester trois ans. On ne se précipite pas mais on a tous envie qu'ils restent. Sur 26 joueurs professionnels, le seul qui est en fin de contrat c'est Claudio Caçapa. Donc ça n'est pas du tout une fin de cycle. C'est une évolution parfaitement gérée d'un effectif.
Eurosport - Propos recueillis par Anthony PROCUREUR
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