Sa sortie à la mi-temps, qui était prévue selon le sélectionneur, a même été salutaire. Elle lui a évité d'être remplacé sous un concert de sifflet. Mais les spectateurs du Stade de France lui ont réservé une dernière surprise en ovationnant son remplacement par Benzema lors l'annonce du speaker à la pause. Une dernière provocation qui en dit long. Contre l'Argentine déjà, Cissé était rentré en fin du match à la place de Claude Makelele sous la bronca. Pour justifier cette attitude du public parisien, la presse avait alors évoqué le match OM-PSG durant lequel l'ancien Auxerrois avait blessé Mario Yepes, trois jours plus tôt.

Cote en baisse

Mais aujourd'hui, un abysse semble s'être creusé entre l'ancien joueur des Reds et le public du SDF. Le mal semble plus profond qu'une simple rivalité OM-PSG. L'ovation réservée mercredi à Samir Nasri, son coéquipier phocéen, en est la meilleure preuve. En fait, avec sa personnalité extravagante, Cissé ne fait pas l'unanimité. Loin de là ! Et si avant, ses performances devant le but effaçaient ses frasques extra-sportives, désormais, il exaspère. Son attitude est régulièrement montrée du doigt.

Déjà peu apprécié de la presse pour con côté hautain, Cissé, orphelin de but depuis la 23e journée contre le Paris SG en L1, s'est mis les spectateurs à dos avec ses provocations ces derniers mois. Et cela ne se limite pas au Stade de France. Signe de sa cote en baisse, il a vite été pris en grippe par une partie du Stade Vélodrome qui l'attendait comme le messie. Exaspérés par ses ratés, son apport limité sur le jeu et sa manière d'être sur le terrain, les fans marseillais ne sont plus sous le charme. Le divorce est même presque consommé. Et son doigt sur la bouche après son pénalty contre Vannes en est devenu le symbole.

Les joueurs s'y mettent

Malheureusement pour "Djib", il semble que cette tendance se soit propagée aux joueurs. A force de pester contre les mauvaises passes, de râler et de ne jamais être sastifait du travail d'autrui, il irrite ses coéquipiers. Son coach à l'OM Albert Emon a d'ailleurs reconnu : "comme joueur, je crois que j'aurais moins supporté que d'autres qu'on me dise : 'mettez-moi le ballon là ou là'. Cela dit, cela fait partie de son caractère. Et il y a un vestiaire pour s'expliquer entre joueurs" . Mais le vestiaire ne semble plus suffire. Ses plaintes continuelles agacent dans le milieu. Et on commence à entendre certaines critiques : "S'il y a comité pro-Cissé qui se forme, ne venez pas me demander la cotisation" , a lancé un ancien joueur dans L'Equipe.

Plus en odeur de sainteté à Marseille ni à Paris, Cissé vit une période difficile. Pourtant, Lui passe outre et ne laisse rien transpirer. "Honnêtement je commence à être imperméable aux sifflets, j'ai déjà vécu ça ici et à Auxerre. Je suis en phase de reprise, en deux ans, j'ai été blessé 12 mois. Ce ne sont pas des sifflets comme ça qui vont m'affecter", a-t-il réagi. Surtout qu'il a trouvé son meilleur avocat en la personne de Domenech : "Vous (les journalistes) êtes sévères avec Djibril, a déploré le technicien. Il revient d'une blessure longue. On connaît la courbe dans ce cas là: dans le premier mois, le joueur qui revient est euphorique, court partout. Et puis il y a la courbe derrière, où le joueur est dans le creux. Djib est dans ce creux ."

Pour en sortir, Cissé sait ce qu'il lui reste à faire : marquer. "Etant buteur, je ne peux pas être satisfait de mon rendement actuel, mais un petit but et la confiance repartirait", annonce-t-il. Après, tout ira très vite. Et le public des pelouses de l'Hexagone pourrait bien l'acclamer. A nouveau... Lorient, qui défie Marseille samedi, est prévenu...

Eurosport - Glenn CEILLIER