mar 27 mar 2007
l'équipe d'Angleterre est actuellement dans la nasse
27 03 2007Depuis 1994 et la Coupe du monde US, l'Angleterre n'a plus manqué un seul rendez-vous international. Depuis plus de dix ans, la sélection aux Three Lions a toujours été présente lors des fêtes continentales ou mondiales en y jouant parfois un rôle prépondérant. On se souviendra notamment d'une demi-finale de l'Euro 1996 perdue aux tirs au but face à l'Allemagne dans un stade de Wembley entièrement acquis à sa cause. Onze ans après, l'Angleterre est bien loin de ces réjouissances. La sélection nationale a d'autres soucis en tête, à moins de vingt-quatre heures d'un déplacement à Barcelone pour affronter l'Andorre. Un match déjà capital.
Après cinq rencontres disputées lors des éliminatoires de l'Euro 2008, les joueurs de Steve McClaren ont le couteau sous la gorge. Troisièmes du groupe E avec 8 points et à égalité avec Israël, les Anglais sont respectivement à cinq et trois longueurs de la Croatie et de la Russie. Le ballottage est défavorable mais guère désespéré alors que l'on aura atteint la mi-course mercredi. Mais plus que l'aspect comptable, c'est la manière qui inquiète les sujets de Sa Majesté. A l'image de samedi dernier en Israël (0-0), les quarts de finalistes du dernier Mondial n'y sont pas. Les joueurs n'osent rien. Ne tentent rien. La presse d'outre-Manche en vient même à avoir des doutes sur leur implication...
Malgré un départ des plus ternes et un seul but inscrit lors de ses quatre derniers matches officiels, la sélection championne du monde en 1966 ne panique pas. Son sélectionneur tout du moins. Pour lui, l'amour du maillot est toujours là . La question n'a même pas lieu d'être posée. Tout comme il assure ne pas avoir eu maille à partir avec Wayne Rooney, samedi après la rencontre en Israël. "Une dispute entre Rooney et moi, c'est absolument ridicule, a-t-il affirmé. Les joueurs sont concernés par l'équipe. Ils sont fiers de jouer pour l'Angleterre et la défaite les touche. Il est dix fois plus difficile de jouer pour votre pays que pour votre club. "
"Ne sommes-nous pas aussi bons que nous le pensons ?"
On ne peut donner tort au successeur de Sven-Goran Eriksson - qui soit dit en passant est déjà menacé par la FA, même si cette dernière assure apporter au sélectionneur tout son support. Cependant si la pression est trop forte pour les onze joueurs alignés sur la pelouse, peut-être aurait-il été utile de conserver quelques habitués de ce genre de rendez-vous. Ejecté de la sélection nationale après une Coupe du monde décevante et en vue d'un rajeunissement des cadres, David Beckham (93 sélections) n'aurait peut-être pas été inutile pour assurer une transition en douceur et offrir aux Three Lions des lendemains plus cléments. De surcroit, avec Becks la question de l'engagement et de l'amour du maillot ne se serait pas posée. A sa prise de fonctions à la tête de l'équipe de France, Raymond Domenech avait connu les mêmes déboires en perdant bon nombre de ses cadres (Zidane, Lizarazu, Thuram, Desailly) et a finalement eu besoin d'eux lors des moments critiques.
A trois mois du départ de David Beckham en préretraite dorée du côté de la Californie, Steve McClaren n'empruntera sans doute pas la voie prise par Domenech et continuera sans le Spice Boy. Avec l'espoir que la mayonnaise va enfin prendre. Ceci d'autant plus que les meilleurs joueurs du Royaume sont quasiment tous sur le terrain et que les solutions de rechange ne sont pas légion. Sur le papier, il n'y a pas de raison que les Lampard, Terry, Gerrard Rooney et compagnie ne relèvent pas le gant. Blessé de longue date et témoin privilégié, Michael Owen va dans ce sens mais a le mérite de reconnaitre que l'Angleterre n'a plus de prestigieuse que la réputation et le passé. Et ceci ne date pas de l'arrivée aux commandes de Steve McClaren : "Nous ne voulons pas l'admettre, mais, dans ma décennie avec l'Angleterre, je peux compter sur les doigts d'une main les fois où nous avons joué de façon fantastique durant quatre-vingt-dix minutes", a-t-il affirmé dans le Times.
"Est-ce la pression ? Il y a de ça mais nous sommes des grands garçons habitués à jouer de gros matches en clubs , essaie-t-il de comprendre. Y a-t-il trop d'attente ? Ne sommes-nous pas aussi bons que nous le pensons ? Inconsciemment, nous avons tendance à nous arrêter de jouer dès que nous ouvrons le score. " C'était vrai sous Eriksson. La dernière Coupe du monde en a donné une preuve éloquente. Ça l'est toujours aujourd'hui. A ceci près que les Anglais ne marquent même plus. Et que les sommets mondiaux - au moins européens - sont bien loin.
Eurosport - Maxime DUPUIS