En effet, entre MU et Lille, l'écart est grand. Surtout, ce dernier se résume à un sang-froid évident dans les seize derniers mètres et à une concentration constante durant quatre-vingt-dix minutes. Pourtant, l'enfer promis par le microcosme mancunien aux "petits" Lillois n'a pas vraiment été entrevu. Et la différence de niveau, une fois le cuir déposé sur le rond central, pas si évidente que cela. Le LOSC a joué et même plutôt bien joué. Bien en place, présents à la récupération et ne rechignant pas à aller au pressing, les Dogues ont failli faire mentir les chiffres et notamment leurs 9% de chances d'accéder au tour suivant.

Larsson, le cadeau d'adieu

Qu'a-t-il finalement manqué aux Nordistes pour parvenir à leurs fins ? De l'audace, tout simplement, celle qui leur fait cruellement défaut depuis qu'ils se qualifient régulièrement en C1. Kader Keita, sur qui repose la majeure partie des espoirs lillois, déçoit. L'Ivoirien peine à retrouver sa forme du début de l'automne. Au moins celui-ci a le mérite d'essayer, contrairement à son compère Odemwingie. Ou plutôt le fantôme de ce dernier, présent toutefois pour titiller le poteau droit de van der Sar (48e). Privé de Cabaye et de Bodmer, Lille, en panne sèche sur le plan offensif, peut compter sur l'inusable Makoun, malheureux dans la finition (21e) et sur la patte gauche d'Obraniak pour porter le danger dans le camp adverse. Insuffisant néanmoins pour conclure honorablement toute une maîtrise collective.

Prévisible, la trame de la partie prend néanmoins son temps pour se développer. Le temps pour Dumont de chauffer les gants de van der Sar (57e) et de prolonger l'espoir d'un probable quart de finale de C1. C'est sans compter sur Henrik Larsson. L'intérimaire mancunien, prêté à MU par Helsinborg, souhaitait finir sa pige sur une bonne note avant de repartir en Suède. En étant au point de chute d'un centre côté gauche de Cristiano Ronaldo, le Suédois a parfaitement rempli son contrat (72e, 1-0). Pas vraiment le cas de la défense lilloise, aux abonnées absentes sur ce coup-là. Déjà soulagée par la barre de Sylva sur une tête d'O'Shea au terme du premier quart d'heure, celle-ci s'est trouée une fois de plus. Une fois de trop.

Ce soir, Lille n'a pas appris qu'un match de Ligue de Champions se joue de la première à la dernière seconde du temps imparti par monsieur l'arbitre. Les Dogues ont surtout vu les limites d'un schéma tactique pas assez risqué pour espérer renverser des montagnes. Les entrées, judicieuses mais tardives de Mirallas et de Fauvergue (74e), n'ont rien changé. Lille, comme Lyon vingt-quatre heures plus tôt, quitte la C1. La faute à une incapacité à se rendre maître des grands rendez-vous, du moins, sur la scène européenne. Qui sait, avec le temps et le joli travail exercé par Claude Puel ces dernières années, cela viendra peut-être...

LA DECLA : Claude Puel (entraîneur de Lille)

"Je pense qu'on a fait un match solide. Il a manqué l'étincelle et on n'a pas réussi à marquer ce petit but. C'est dommage. Il y avait matière à pousser cette équipe dans ses retranchements. On n'a pas à rougir de notre prestation. On a su élever notre niveau de jeu. Notre place n'était pas usurpée dans cette compétition. Il nous tarde d'y revenir."

Eurosport - Alix DULAC