Le mot crise n'a pas sa place dans le lexique provençal. Ce terme plus approprié au faux-frère parisien apparaît pourtant de circonstances. Les résultats ne sont pas là et le parcours en Coupe de France ne peut raisonnablement consoler des supporters patients, mais conscients aussi de la faiblesse collective de leur équipe. Sur le papier, la stabilité est de mise dans le groupe phocéen. Les quatre de derrière devant Carrasso sont toujours les mêmes et seule l'animation offensive varie au gré des blessures et des suspensions. Pourtant, rien n'y fait...

L'animation offensive justement. Un terme récurrent et une zone sinistrée au regard des performances phocéennes des dernières semaines. En championnat, l'OM n'a plus trouvé le chemin des filets depuis le match contre le PSG le 4 février dernier (1-1). Depuis, le constat est éloquent. Le jeu phocéen manque de liant et la partition sonne faux. Tout comme l'apport d'un Cissé semble anecdotique tant ses qualités ne sont pas mises en valeur.

Emon dans la tourmente

"En recrutant Cissé, on sait que l'on a besoin de créer des espaces pour le mettre en valeur", reconnaît justement Rolland Courbis. Sauf que Marseille joue haut avec des joueurs de couloir et que l'ancien Auxerrois n'a jamais trouvé ses marques au sein de l'attaque phocéenne. Au sein de l'état major de la maison blanche, on ne pointe pas du doigt le cas de l'international français. Pourtant, les dents grincent et le maintien dans l'équipe de Cissé dépasserait le simple cadre sportif. Un célèbre équipementier orné de quelques bandes aurait ainsi implicitement fait du maintien de l'ancien Red dans l'équipe une obligation.

Mais la question qui se pose réellement, reste de savoir si l'OM peut se passer de son joueur le plus charismatique. "L'association avec Pagis peut être une solution, reconnaît Courbis. Mais dans un cadre où Cissé jouerait côté droit et Pagis dans l'axe. C'est à ce poste que Djibril peut apporter sa vitesse et son rayonnement." Albert Emon abondera-t-il dans ce sens? La fin de saison de l'OM en dépend peut être.

Eurosport - Patrick Bonneil