Encore fallait-il pour cela que l'OM parvienne à redonner un coup de fouet à une mécanique enrayée depuis quatre matches et la défaite à Bordeaux (1-0, 24e journée). Djibril Cissé, plus en vue pour son agacement envers ses coéquipiers que pour son rendement devant le but, est aux abonnés absents. Les ballons n'arrivent pas jusqu'aux crampons de l'international tricolore, la faute à un manque cruel d'inventivité de ses partenaires. L'ancien Auxerrois, désireux de faire taire les critiques en répliquant sur le rectangle vert, aurait pu cette fois râler après ses partenaires. Mais Cana (5e) et Zubar (8e), tous deux maladroits de la tête, ne s'exposent pas aux foudres de la fashion victim.

Providentiel Dindane

Les Sang et Or quadrillent bien le terrain et gênent considérablement les transmissions adverses. A défaut d'arracher la sphère aux crampons olympiens, le RCL attend son heure. Wait and see. Une tactique qui manque de lui coûter cher. Mais ni la demi-volée de Pagis (38e) ni la reprise à bout portant de Civelli (51e) ne trouvent le fond des filets d'Itandje. Ils réveillent tout juste les travées d'un Vélodrome assoupi par le spectacle proposé par les vingt-deux acteurs. Sans son principal accélérateur de particules, Franck Ribéry, victime d'une fracture du métatarse droit, l'OM s'enferme dans une domination stérile. Et voit le peu de jeu qu'il propose se déliter lentement mais sûrement.

Devant si peu d'initiatives locales, le Racing en profite pour pointer le bout de son crampon dans la moitié de terrain phocéenne. Orphelin de Daniel Cousin, terrassé par la grippe, Dindane, aligné seul en pointe, multiplie les courses ingrates et les appels de balle. L'Ivoirien a encore du jus lorsque Kovacevic arrache le ballon dans les pieds de M'Bami et le lance en profondeur. "Robin" s'écroule dans la surface, victime d'une charge irrégulière de Taiwo. La gâchette lensoise trompe Carrasso tout en finesse (59e, 0-1). Décisif, le onzième but cette saison de Dindane en Ligue 1 rime avec le treizième succès des Sang et Or en championnat.

Un scénario cruel que ne modifieront ni Maoulida (76e) ni Nasri (77e). Lens conforte sa deuxième place aux dépens de Lille et relègue sa victime de la soirée à dix longueurs. L'hymne de la prochaine Ligue des Champions commence à se faire entendre du côté de Bollaert...

LA DECLA : Eric Carrière (meneur de jeu du RC Lens)

"C'est la réaction que les supporteurs attendaient, comme les joueurs et le club. On a montré que le match contre Montceau (ndlr: en Coupe de France) était un accident et qu'on était sur une bonne dynamique. Que l'OM soit à dix points de nous, ce n'est pas pour nous déplaire. C'est une équipe dangereuse, mais il y a d'autres équipes à suivre. Marseille a beaucoup abusé de longs ballons, ils n'ont pas beaucoup utilisé leurs milieux de terrain. On a tout de suite vu que si on les poussait un peu, ils jouaient long".

Eurosport - Alix DULAC