Sans victoire, le PSG aurait pu plonger dans une crise » reconnaissait Bonaventure Kalou. Une heure plus tard, victoire et applaudissements. « Il faut saluer les joueurs , insistait Lacombe. Ils ont démontré courage, talent et solidarité. A Saint-Etienne (0-1), ils n'avaient pas eu cette force morale pour rebondir. Ils ont retenu la leçon. Ils voulaient gagner ce match ». Cette volonté retrouvée, Guy Lacombe l'avait déjà perçue le mois dernier contre Lorient en Coupe de la Ligue (3-1), première victoire avec deux buts d'écart cette saison. « J'avais bien aimé le contenu de cette rencontre , dit Lacombe. Un peu comme ce samedi même si, en terme de fluidité, c'est mieux cette fois. Même à dix, on a su garder le ballon ». Après cette qualification, mi-septembre, Paris avait rechuté. La faute à qui ? L'affaire Dhorasoo a indirectement servi d'écran de fumée pour masquer les mauvais résultats de l'équipe, mais son issue est désormais entérinée : « Le groupe vit bien mais il vivait aussi bien avec Vikash , ose Lacombe . Il n'y a pas de soucis. Ce sont les médias qui en ont fait une affaire. Je ne veux plus revenir là-dessus. Cela fait néanmoins partie des éléments qui permettent à une équipe de franchir un palier ». Alors la faute à quoi ? « On fait encore trop de cadeaux aux adversaires par manque de discipline. Autre chose, lorsque les joueurs auront compris l'importance des décalages, avec le potentiel qui est le notre, on aura fait un grand pas ». Autre élément important, même s'il ne s'agit pas d'une nouveauté, Pauleta est repassé en tête des buteurs (6 réalisations) alors qu'il n'avait plus marqué en L1 depuis le 10 septembre et la défaite à domicile contre Marseille (1-3). Il n'est plus seul au monde en attaque. Pierre-Alain Frau a doublé son compteur but et Kalou a retrouvé son sens de la passe décisive. Yepes a également renoué avec sa hargne légendaire pour son 145e match en L1, celui qui a donné l'avantage aux Parisiens. « Mario monte souvent sur les coups de pied arrêté. On ne lui interdit pas de marquer des buts. En plus, c'est un but important. Il est revenu plus fort. C'est ça, les hommes d'honneur, les hommes forts. J'espère qu'il va encore montrer plus car il en est capable ».

Rothen sorti à la mi-temps

Il en faudrait peu pour oublier que le Paris-SG ne compte aujourd'hui que trois victoires en Championnat et qu'il demeure dans la seconde partie de tableau (12e). Battre un promu relégable, même avec quatre buts, ne relève pas de l'exploit, d'autant que Paris avait toujours battu Sedan au Parc (4 victoires en autant de confrontations). Autre bémol, Jérôme Rothen, qui n'avait plus joué depuis le 19 août et un enchaînement de pépins physiques, est passé à côté de son match. « Il est l'exemple type d'un joueur qui a un statut et dont on attend beaucoup , expose Lacombe . Il a fait de bonnes choses, d'autres moins bonnes . Je l'ai fait sortir à la mi-temps car on avait vraiment besoin de trois attaquants. Mais il doit faire fi de son ego et accepter (son remplacement) par rapport au groupe. Je pense que la victoire lui a permis de comprendre et de mieux l'accepter » . Les Parisiens ont-ils vraiment besoin d'être dos au mur pour se motiver ? La question fait sourire les joueurs, Kalou notamment. Pourtant c'est bien en infériorité numérique qu'ils se sont libérés, puis imposés. Reste à confirmer avec trois déplacements à venir à Bucarest jeudi en UEFA, à Auxerre en Championnat puis à Lyon en Coupe de la Ligue. Mais Paris aime visiblement souffrir... Pour mieux rebondir.

FRAU : «PAS INTENTIONNEL»

L'attaquant du Paris-SG Pierre-Alain Frau a assuré dimanche que son geste qui a blessé le joueur de Sedan Stéphane Noro «n'était pas intentionnel», espérant au passage que la commission de discipline n'en ferait pas «un exemple avec un joueur du PSG». Noro a été blessé suite à une grosse semelle de Frau à la 43e minute. M. Coué, l'arbitre du match, avait dans la foulée exclu l'attaquant parisien.

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«C'est vrai que les images sont impressionnantes mais ce n'était pas intentionnel, s'est défendu Frau. Je suis dans mon élan et je n'arrive pas à m'arrêter. En le touchant, j'ai tout de suite vu que je lui avais fait mal. Je suis vraiment navré, je suis allé le voir à la fin du match, j'espère qu'il aura très peu de matches de convalescence». «C'est le premier carton rouge de ma carrière, a poursuivi l'attaquant. Je ne pense pas être un joueur méchant. Ça m'embête vraiment. J'ai connu ça une fois à Sochaux où je m'étais fait casser la cheville, ce sont des moments difficiles mais qui peuvent arriver dans une carrière de footballeur».

«Le président de Sedan dit et fait ce qu'il veut, ce n'est pas un problème. Il n'a jamais joué au foot, il ne sait pas ce que c'est. J'ai vu que c'est la troisième fois que les Sedanais avaient un joueur blessé, c'est malheureux, mais je ne vois pas pourquoi, moi, je paierais pour tous. Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est que Stéphane Noro, qui ne m'en voulait d'ailleurs pas spécialement après le match, puisse rejouer le plus vite possible». Le président de Sedan, Pascal Urano, envisage de saisir la commission de discipline de la Ligue de football, en cas de blessure grave de Noro.