Pourtant il y a deux mois, personne n'attendait le club toulousain à ce niveau. Après avoir terminé sa première partie de saison de manière catastrophique avec une défaite humiliante contre Nantes à domicile (0-4), les coéquipiers de Dominique Arribagé étaient en plein doute. Heureusement, la trêve est arrivée au bon moment. Elie Baup a remis les pendules à l'heure. Et depuis, le TFC est tout simplement la meilleure équipe de L1 avec cinq victoires, deux nuls, et une défaite sur les huit derniers matches. Un bilan à faire rougir Lyon.

Confirmer face aux équipes modestes

Les champions de France ne sont d'ailleurs pas étrangers à la réussite des joueurs de Haute-Garonne. La victoire contre les hommes de Jean-Michel Aulas (2-0) au retour des fêtes de fin d'année a été un vrai déclic. Depuis, le TFC s'est fait une spécialité de battre les grosses cylindrées. Après le champion de France, Lille (1-0) et donc l'OM sont venus se casser les dents au Stadium. "On arrive à battre de grandes équipes chez nous, mais pour aller loin, il nous faut savoir battre d'autres équipes telles que Valenciennes ou Troyes", estime toutefois l'expérimenté Dominique Arribagé.

Mais malgré son manque de concentration contre les équipes modestes, Toulouse se remet même à rêver. Avec 41 points pris en 26 journées, le club, qui n'a plus eu la joie de disputer une Coupe d'Europe depuis la saison 1987-88, est en course pour la troisième place qui lui ouvrirait les portes du tour préliminaire de la Ligue des Champions. Mais Elie Baup, toujours aussi prudent, ne veut pas s'emballer et refuse de parler de classement. "C'est surtout cette série de trois victoires consécutives et d'une seule défaite lors des huit derniers matches qui m'intéressent, avoue l'entraîneur. Cette série entretient notre dynamisme et confirme les progrès que nous faisons dans notre expression collective".

La priorité : Le maintien

Et pourtant, les chiffres ont de quoi rassurer l'ancien coach de Saint-Etienne. Grâce à 16 points obtenus sur 21 possibles, Toulouse signe le meilleur parcours de son histoire depuis la mise en place de la victoire à trois points. "Nous avons pris 41 points et je dis depuis quelque temps qu'il en faudra sans doute 44 pour se maintenir, martèle Baup. Nous n'en sommes donc pas loin mais je répète qu'une équipe comme la nôtre, qui depuis trois ans flirtait avec la zone de relégation, ne peut pas se permettre de viser l'Europe aussi rapidement."

Sur ce que montrent les Toulousains sur les dernières rencontres on ne peut que contredire l'homme à la casquette. Car si les points sont au rendez-vous, le jeu l'est aussi. En défense, Toulouse n'a pas encaissé de buts dans six de ses huit derniers matches. Et en attaque, Johan Elmander semble inarrêtable. Avec 7 buts et 5 passes décisives, le Suédois est un atout précieux. Parfaitement épaulé par Emana ou la recrue intelligente du mercato, Paulo Cesar, il fait des ravages. Avec un effectif plus étoffé, Toulouse peut voir venir. Pour l'Europe, les prochains matches (à Valenciennes, contre Monaco ou à Sochaux) permettront d'y voir plus clair. En attendant la reprise du rugby...

Eurosport - Glenn CEILLIER