Pierre Dréossi, entraîneur de Rennes
Par Sport Magazine,
jeudi 15 février 2007 à 16:32 :: Football
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PIERRE DREOSSI, Rennes a le chic pour laisser passer les occasions de gagner des places...
P.D. : On attend beaucoup de nous. Il nous manque cette efficacité offensive qui nous permettrait de confirmer notre assise. On n'est jamais loin, mais on a du mal à franchir la dernière marche. Notre potentiel devrait nous permettre d'être mieux classés même si on ne compte qu'une seule défaite sur les 10 derniers matches
Pourquoi donc avoir laissé partir plusieurs cadres cet hiver ?
P.D. : On peut préparer l'avenir en essayant de finir le mieux possible. C'est pour cela qu'on a laissé partir Adailton, Perrier-Doumbé ou Hadji. Je savais que les jeunes avaient le niveau et ils ont pris leur place. Pour Monterrubio, la situation était difficile. Il a estimé que se serait plus facile de se remettre en question dans un autre club. C'est dommage car il aurait encore pu servir. On a tout fait pour le convaincre.
Concédez-vous des erreurs dans la gestion de l'intersaison ?
P.D. : Je ne sais pas. Avec Frei, Gourcuff et Källström, on a perdu 30 buts par an. On aurait pu faire mieux, mais peu d'équipes seraient capables de les remplacer. C'était une question de moyens, on a d se séparer de ces joueurs qui ont aidé le club à progresser. Cela traduit aussi une fin de cycle. Il faut au moins deux saisons pour arriver à l'apogée. On est reparti dans l'inconnu alors qu'il n'y en avait pratiquement aucune l'an passé. On reconstruit avec un effectif plus jeune et on y arrive doucement.
Est-il toujours réaliste de croire à l'Europe ?
P.D. : Aujourd'hui, nous sommes les derniers de la première partie à pouvoir y croire, mais on n'a jamais été mieux que 9e. C'est ambitieux de le dire mais ce serait un manque d'ambition de ne pas le dire. On fait beaucoup d'efforts, mais il nous manque cette personnalité pour bien négocier les moments-clés. On ne progresse pas suffisamment vite même si d'autres équipes aimeraient être à notre place.
Quel regard posez-vous sur la L1?
P.D. : Beaucoup d'équipes jouent pour ne pas perdre. Nous aussi, on s'y est mis. Ca se joue sur pas grand chose, une erreur individuelle, l'arbitrage... mais rarement sur la qualité des équipes. Ca râle de plus en plus et cela explique la nervosité. Est-ce-que les équipes sont bonnes... On a longtemps dit ça du foot italien et il a tout gagné. Aujourd'hui, c'est difficile de marquer contre une équipe française.
Rennes, qui n'a rien gagné depuis l'arrivée de Pinault, est-il à l'heure dans son projet ?
P.D. : Tout le monde a envie que ça aille plus vite mais on n'a pas perdu de temps. Pour viser l'Europe à tout coup, il faut systématiquement finir dans les huit premiers. Combien de temps cela prendra, je ne sais pas. Aujourd'hui, cela paraîtrait incongru que l'on finisse 19e. On pourrait avoir des moyens supplémentaires, mais je ne pense pas que ça arrive. Viser l'Europe n'est plus prétentieux aujourd'hui car on se donne les moyens. A terme, c'est l'objectif réel et la prochaine étape, c'est de se rapprocher du Top 5.
Rennes n'est-il pas coincé entre son image et son besoin de reconnaissance ?
P.D. : On est reconnu comme un club sérieux et formateur. Nous sommes loin des phares comme Marseille ou le PSG. Il faut assumer. Oui, nous sommes un club formateur, oui beaucoup de nos jeunes partent dans des grands clubs et oui notre image n'est pas écornée par les affaires.
Avez-vous été inquiet, êtes-vous optimiste ?
P.D. : J'ai été inquiet mais avec un point, je savais que j'avais l'adhésion de tous, même de là-haut. Et je ne suis ni optimiste ni pessimiste.
Eurosport
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