Quand on n'a plus gagné en championnat depuis 17 décembre à Lens (4-0), une victoire fait forcement du bien, quelle que soit la manière. Jusque là, seule la qualification pour la finale de la Coupe de la Ligue aux dépens du Mans (1-0) avait égayé un parcours de relégable en 2007 avec un seul point pris sur 12 possibles. "Le plus important, c'était la victoire. Il nous fallait gagner. Peu importait la manière. Un succès, cela rassure toujours", pouvait souffler Claudio Caçapa, le capitaine, qui retrouvait une place de titulaire pour la première fois depuis août 2006. "Nous n'avions pas beaucoup de doute car nous connaissons nos capacités, celles qui nous ont permis de faire des matches exceptionnels comme en première partie de saison. Mais c'est vrai qu'il y avait juste une petite chose qui ne marchait pas très bien, c'était la gagne."

Gérard Houllier a lui aussi "apprécié cette rencontre" au cours de laquelle il a "senti que l'âme de l'équipe était revenue" . "Il y a des victoires qui font plus plaisir que d'autres et ce soir c'est effectivement le cas. Ce résultat va beaucoup nous aider et redonner de la confiance", se réjouit l'entraîneur lyonnais qui tire de cette victoire de nombreux motifs de satisfaction : "le caractère, l'acharnement mais aussi la concentration" de ses joueurs. "Nous n'avons pas concédé de but grâce à la discipline et la détermination de l'équipe", s'est-il également félicité. Fred, lui, confirme son staut de numéro 1 en attaque devant Milan Baros. Enfin, au milieu, le Brésilien Fabio Santos, dont c'était le premier match, a quant à lui été solide. "Il a joué le rôle que je lui avais demandé. C'est une heureuse découverte".

"Il faudra du temps"

Mais tout cela ne fait pas oublier que la performance de l'Olympique lyonnais a été laborieuse et, avec un peu plus de présence offensive et un penalty accordé, Lorient aurait pu espérer mieux. Les Gones doivent surtout leur salut grâce à un exploit personnel de Fred en tout début de partie. Jean-Michel Aulas lui-même insiste sur le fait que Lyon doit désormais retrouver la manière. "Sur la capacité à gagner un match, je suis rassuré" , a expliqué le président. "Mais nous avons beaucoup peiné. Nous avons tendance à dire que les résultats viennent après la qualité. Là, nous avons le résultat avant la manière. Mais j'espère que le reste viendra progressivement."

De son côté, l'entraîneur-adjoint, Patrice Bergues, admet d'ailleurs "qu'il faudra du temps pour cicatriser ce mois de janvier". A Lyon, tous les doutes ne sont donc pas dissipés, loin de là. Kim Källström a été combatif mais brouillon. Juninho n'a pas eu une grande influence sur le jeu, cherchant la solution individuellement au détriment du collectif. Pire, l'entame du match face aux Merlus a montré que la force collective de 2006 n'était pas pleinement retrouvée même si, avec le retour de Claudio Caçapa, la première réussie de Fabio Santos et le but magnifique de Fred, les Lyonnais ont retrouvé une partie de leur touche brésilienne.

Prêts pour la Roma ?

A dix jours de son déplacement à Rome pour le match aller des huitièmes de finale de la Ligue des Champions, l'OL espère pourtant être sur la bonne voie. "Prêt pour la Roma ? Je le pense. J'ai vu la préparation des joueurs. Je sens une montée en puissance" , a dit Aulas. "Il fallait souffrir ensemble. La qualité de jeu était peut-être moins importante que le fait de souffrir ensemble et de sortir vainqueur" . Pour retrouver un peu plus de confiance encore, l'OL peut s'appuyer sur une statistique heureuse: depuis l'arrivée de Gérard Houllier, Lyon n'a jamais perdu (15 victoires, 1 nul) le match précédent un rendez-vous européen.

Eurosport - A.P.