PATRICK VIEIRA, mercredi face à l"Argentine, vous fêterez à quelques jours près vos dix ans de présence en équipe de France. Que ressentez-vous ?

P. V. : De la fierté. Je fais partie des privilégiés qui ont atteint les cent sélections. Sur le plan personnel, il y a eu des moments difficiles durant ces dix années, même en club, mais je me suis battu et j'ai continué à évoluer dans cette équipe. Encore une fois, c'est une grosse fierté personnelle.

Quel sentiment vous anime deux mois et demi environ après le dernier rassemblement de l'équipe de France ?

P. V. : Ce fut long. Cela fait du bien de se revoir entre joueurs. Cela faisait pas mal de temps. Avec les échéances qui viennent, c'est bien. Ça relance la vie de groupe, il faut retrouver tous nos automatismes. Et puis affronter l'Argentine, une grande nation du football, dans un stade plein à craquer, c'est un bon match à jouer.

Quand vous vous êtes retrouvés lundi, avez-vous parlé de l'affaire Henry ? Des "anonymes" l'avaient critiqué en fin d'année dernière&hellip

P. V. : Non. Pour nous, ça a été une grosse surprise. Il n'y a rien eu dans notre groupe. Vous faites votre mayonnaise. Je suis surpris que ces choses sortent dans la presse. Un "proche", un "anonyme" a dit ça&hellip Il fallait sortir les noms. C'est trop facile de se cacher. Pour tout vous dire, lundi en arrivant, on a parlé de nos clubs respectifs, de tout et de rien.

Compte tenu des absences en défense, l'arrière-garde tricolore va être remaniée. En tant que capitaine et milieu de terrain défensif, allez-vous jouer ou vous comporter différemment mercredi ?

P. V. : Non. Cela dit, un départ prudent sera peut-être le bienvenu. On est là pour préparer la Lituanie au mois de mars. Comme je l'ai dit précédemment, il faut retrouver nos automatismes et toutes les choses qui ont fait que l'équipe de France est bonne et performante depuis des années. Ces choses-là se perdent rapidement.

Que représente l'Argentine pour vous ?

P. V. : C'est une des plus belles équipes. Elle produit peut-être le plus beau football avec de grosses individualités. C'est une référence. Ils ont tout pour nous mettre en difficulté. Cela va être une belle affiche. Quand on est joueur, affronter des équipes comme le Brésil, l'Italie ou l'Argentine, cela fait toujours plaisir. Ce ne sera pas forcément un match amical. Les Argentins sont des joueurs de tempérament. Ils ne lâcheront rien.

Vous en avez parlé avec les Argentins de l'Inter ?

P. V. : Oui et ça a chambré (sourire).

Un petit mot sur l'Italie. Vous n'avez pas joué avec l'Inter Milan dimanche, suite au drame de Catane. Que pensez-vous de la décision d'arrêter la Serie A momentanément ?

P. V. : C'était le minimum à faire compte tenu du drame. Cela fait un bout de temps que tout cela dure en Italie. Il y a des décisions à prendre.

Que faut-il faire à votre avis ?

P. V. : Je ne sais pas. Il faut comparer avec les autres pays, voir ce qui a été fait ailleurs. Regarder du côté de l'Angleterre. Ils ont eu des gros problèmes il y a environ vingt-cinq ans. Maintenant, ils sont exemplaires. Cela fait deux ans que je joue en Italie, je viens d'Angleterre et je vois bien la différence. Je ne peux pas dire que j'ai peur car nous sommes bien encadrés mais on sent une grande nervosité, de mauvaises vibrations. On se demande d'ailleurs comment des supporters parviennent à entrer dans les stades avec toutes sortes de choses, des fumigènes notamment. Les gens doivent venir au stade pour prendre du plaisir.

Eurosport - Propos recueillis par Maxime DUPUIS, à Saint-Gratien