La question n’est pas de savoir si l’EN jouera à Cabinda ou restera à Luanda : toute la question est de savoir si les Verts sont capables de passer l’écueil de la formation du Portugais, Manuel Jose. Un onze angolais qui a besoin aussi de points. Une unité fera son bonheur pour rejoindre le wagon des sélections déjà en route pour les quarts de finale. Mais les Palencas Negras veulent plus, à savoir régner sur cette poule qui tiendra en haleine les fans des quatre équipes jusqu’au bout. En fait, et l’Angola, l’Algérie et le Malawi mais aussi le Mali peuvent décrocher le sésame pour le tour suivant. L’EN de Saâdane n’a pas droit à la défaite au risque de rentrer dès demain matin à la maison. Saâdane et ses joueurs continuent de boycotter la presse nationale. Etrange situation qui fait des journalistes algériens les nouveaux ennemis d’une sélection qu'ils ont soutenue qui n’ont de cesse souffert des désillusions de cette sélection, de toutes les sélections, mis aussi des représentants régionaux et continentaux d’un football hors normes. La presse a soutenu cette équipe et qui continuera à la soutenir. Ce soir, les premiers à sauter de joie, à Luanda, ce seront les quelque 70 reporters et photographes qui ont effectué le périple aux côtés des quelque vingt fans, venus d’Algérie et d’ailleurs. L’histoire retiendra. Pour ce soir, la sélection de Saâdane s’est préparée à plusieurs scénarios. Tous les scénarios ? On le saura dès le coup de sifflet libérateur de l’arbitre de la rencontre. Le pire comme le meilleur. Commençons par le meilleur. Le staff technique national qui ne peut disposer cet après-midi que de 20 joueurs pour composer son team, suite au forfait de Bezzaz et de Saïfi (et bien entendu celui de Lemouchia qui n’a pas été remplacé contrairement à Gaouaoui qui a été suppléé par Ousserir) a déjà les noms en tête pour former son onze type. De la dernière sortie face au Mali, seul un petit changement (forcé) sera opéré. Celui de Yacine Bezzaz qui cédera sa place à son remplaçant de jeudi dernier, Hameur Bouazza en l’occurrence. Ce dernier fera la bataille du front-avant aux côtés de l’inusable, Abdelkader Ghezzal. Sinon, en termes d’effectif, l’ensemble des autres éléments alignés face aux Aigles de Stephen Keshi seront reconduits. Laïfaoui, y compris. Le stoppeur de l’ESS a été jugé «bon» au cours du duel avec les Maliens. «Bon», mais passible de faire les frais d’un changement en cours de partie. Le possible come-back d’Antar Yahia y sera pour beaucoup, en effet. Le défenseur de Bochum a rejoué depuis le début de cette semaine. Sans souffrir de douleurs, physiques s’entend. Juste que le rythme de la compétition lui pèse. Yahia-Meghni, le retour ? Lors de la séance d’entraînement de samedi a fait son travail le plus sérieusement possible. Il a consulté les médecins, l’Algérien Boughlal et son médecin allemand, Schubert. Feu vert en main, Yahia espérait rejouer dès aujourd’hui. Deux mois après Omdurman où il était le héros d’un peuple, l’enfant de Sedrata ne doute pas de ses capacités à offrir de nouvelles joies aux Algériens. Saâdane doit réfléchir. Sérieusement et sereinement. Sans être dérangé (dans ses choix) par la presse peu docile à lui pardonner d’avoir laissé les Flames s’emparer de la cathédrale verte. Le match de cet après-midi face aux Angolais est un passage obligé pour la gloire. Les quarts, puis les demi-finales, surtout la finale avec au bout un sacre continental (est-ce trop demander ?) sont des étapes que le rendez-vous d’aujourd’hui ouvrira. Pour y parvenir, Saâdane devra poser des jalons. La défense globalement reconduite, la ligne médiane sera elle aussi conservée. Le trio Mansouri-Meghni-Ziani monte en puissance. Son entente évolue positivement et déteigne sur le jeu d’ensemble de l’équipe. A ces trois, Saâdane veut pourtant associer un quatrième homme du milieu. Un artiste celui-là dont le sort (mauvais) a fait qu’il ne fait que suivre les soins depuis le dernier stage du Castellet. Le Laziali Mourad Meghni, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a prouvé qu’il est guéri. Samedi, il a participé à l’intégralité de la séance d’entraînement effectuée par la sélection au Coqueiros-Stadium. Au contraire de Karim Matmour qui souffrait d’une inflammation des adducteurs. Meghni à la place de Matmour est plausible. Mais Saâdane joue souvent la sécurité. Celle qui consiste à lui dicter cette règle si chère aux spécialistes de la tactique-suppositoire : «On ne change pas une équipe qui gagne», en effet, est devenu par les temps qui courent un dicton du terroir. Conservateur, Rabah Saâdane hésite mais finira par faire confiance à la raison. Meghni, comme Yahia, fera banquette. Pour combien de temps ? Le temps qu’il faut. Ne pas encaisser d’entrée, comme ce fut le cas depuis quelque moment (Rwanda à Blida, Egypte au Caire et plus près de nous, le Malawi à Luanda), sera la première mission des Verts devant les Angolais. Gérer le temps, supporter le climat et la pression Dans un stade qui promet d’être plein comme un œuf, à l’instar de ce qui fut le décor depuis ce début de cette CAN, les capés de Saâdane vont souffrir. Absolument et à tous points de vue. La chaleur, l’humidité et l’état de la pelouse, Yebda et consorts en ont fait connaissance. Les Flames du Malawi ne sont rien par rapport à la furia rouge des fans angolais. Très angéliques depuis le début de ce tournoi, ceux-ci auront du poids à mettre sur la balance. Après le douloureux match du Caire, les Verts ne peuvent connaître pire et terrible pression ? Peutêtre. Rien ne l’indique sauf cette soif de vaincre des Angolais mal consumée lors du match inaugural face au Mali. De 4-0, la sentence est passée à 4-4. Du jamais vu ! L’Angola a versé des larmes et s’est vengée face aux Malawites. Pas de débordements et encore moins des insultes. La fête, après le succès face aux Flames, a été par contre là, omniprésente. A travers tout le pays. C’est un peu comme les folles soirées qui suivirent les matches des Verts durant les doubles qualifications. Le mythe algérien a fait des émules. C’est le moment d’écrire de nouvelles pages de gloire. Juste pour le meilleur et contre le pire. M. B.

Le Soir d'Algérie

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