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jeu 28 dec 2006

Luis Fernandez rejoint Betis Séville

28 12 2006

Ses cris, gesticulations et sifflements stridents le long de la ligne de touche deux doigts dans la bouche, aussi célèbres en Espagne qu'en France, vont à nouveau animer les soirées ibériques.

Le Betis a préféré Fernandez au Français Jacques Santini, sélectionneur des Bleus de 2002 à 2004, ou au Bosniaque Faruk Hadzibegic, pour ses aptitudes de meneur d'hommes lors d'opération commando.

Je suis fait pour ce genre de challenge", a déclaré Fernandez à RMC, rappelant son amour d'un pays où il est né, à Tarifa (150 km au sud de Séville), en 1959, avant d'émigrer en France et de grandir dans la cité des Minguettes, à Lyon.

Le défi est à la mesure de ce fort en gueule, animateur radio sur RMC ("Luis attaque"). Le Betis est 18e et premier relégable avec 13 points, à 2 unités de Levante, le 17e, et compte sur un effectif qu'il juge bon. Il faut simplement "lui redonner confiance", explique-t-il.

Fernandez connaît les secrets du maintien. En 2003-2004, il était déjà arrivé début novembre à la tête d'un Espanyol bon dernier avec 5 points en 10 rencontres, et l'avait maintenu en fin de saison. Il était déjà reconnu en Espagne pour avoir conduit Bilbao, qu'il a entraîné de 1996 à 2000, à son meilleur classement ces 20 dernières années: une deuxième place en 1998.

Il avait démarré sur les chapeaux de roues sa carrière d'entraîneur, faisant monter en L1 l'AS Cannes, son dernier club comme joueur, en 1993. L'année suivante, il l'avait qualifié pour la Coupe de l'Uefa.

Ses qualités de meneur d'hommes lui ont conféré un prestige durable en Espagne. L'image est un peu ternie en France depuis son dernier passage mitigé au Paris SG (2000-2003). De retour dans le club de son coeur, il n'avait pas connu le succès de son premier passage (1994-96) où il avait remporté la Coupe de Coupes 1996.

Redorée par la sauvetage inespéré de l'Espanyol, la statue de Fernandez a de nouveau été oxydée ensuite par des passages avortés à Al-Rayyan, au Qatar, au deuxième semestre 2005, puis au Betar Jérusalem dans la foulée, jusqu'à la fin de la saison dernière.

A Séville, Fernandez travaillera dans l'ombre du FC Séville (les Rouges), le club de la ville, leader de la Liga et tenant de la Supercoupe d'Europe. Le Bétis (les Verts) est le club de la région de Séville, la Bétique en latin.

A Séville, il retrouvera aussi le stade Benito-Villamarin (aujourd'hui Manuel Ruiz de Lopera, du nom de l'actuel président du club), où il marqua avec les Bleus un superbe but en ciseaux "à la Luis" contre l'Espagne, en qualifications à l'Euro-1992 (2-0).

Pas de danger pour les superstitieux: Fernandez n'était pas dans l'équipe de France tragiquement éliminée à Séville par l'Allemagne en demi-finale du Mundial-1982, et le match se jouait à Sanchez-Pizjuan, le stade des Rouges.

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