En 2010, la Hollande, qui a donné à la bicyclette son surnom de « petite reine », accueillera le Grand Départ du Tour pour la cinquième fois. Un journaliste me demandait récemment pourquoi les Pays-Bas étaient privilégiés par rapport aux autres nations (trois départs « seulement » de Belgique et d’deux du Luxembourg, un d’Espagne, aucun d’Italie par exemple). Outre une situation géographique qui donne aux organisateurs toute latitude pour tracer le parcours d’ensemble, une (bonne) partie de la réponse tient assurément dans ces quelques lignes, écrites dans L’Équipe en 1954, lorsque la Grande Boucle décida pour la toute première fois de s’élancer hors de ses frontières : « Toute la Hollande semblait s’être donnée rendez-vous sur les routes de Wassenaar, de Delft, de Rotterdam… Des dizaines et des dizaines de milliers de spectateurs, en rangs serrés, ininterrompus, sur des kilomètres et des kilomètres, applaudissant, acclamant tout ce qui est le Tour, les coureurs, les motards et les voitures qui le suivent ou le précèdent… (Ainsi), de la première étape, ils faisaient un triomphe ! »

Je ne prendrai guère de risques en affirmant que ces mots préfigurent l’avenir. Une immense fête se prépare déjà, avec tous les Néerlandais, y compris bien sûr nos amis d’Utrecht, aujourd’hui légitimement déçus. À Rotterdam, entre Rhin et Meuse, le Tour partira les pieds dans l’eau, pour la troisième fois d’affilée. Après Brest et l’Atlantique, la Principauté de Monaco et la Méditerranée, voici donc la Mer du Nord, que la traversée de la Zélande nous donnera tout loisir d’admirer. Mais, début juillet 2010, ce sont bien l’enthousiasme et la liesse populaire nés du Tour qui nous submergeront.

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