Le juge des référés n'est pas appelé à se prononcer sur le fond mais sur la question: y-a-t'il eu recours ou non à la vidéo ? Le juge dira le 15 décembre si l'action intentée est recevable et s'il y a lieu d'enquêter.

Pour Me Mouhou, "le quatrième arbitre ne pouvait pas voir le geste de Zidane car il était caché par des joueurs". Le temps écoulé entre la faute (107e minute) et l'expulsion (110e) accrédite selon lui la thèse d'un recours à la vidéo.

L'avocat a demandé l'audition de joueurs, du sélectionneur français Raymond Domenech, la reconstitution "numérique" de l'action fautive et la saisie de toutes les vidéos tournées ce soir-là: "il y avait 28 caméras autour du terrain dont pas un cm2 ne leur a échappé", a plaidé Me Mouhou, qui n'a qu'une obsession : "la preuve des faits".

Des faits parfaitement clairs pour la Fifa et la FFF: pour l'avocat de la fédération française, Me Benjamin Peyrelevade, cette action en justice n'est qu'un coup "publicitaire" car "quoi de mieux que la Coupe du monde pour se faire connaître ?"

Au nom de la fédération internationale, Me François Viterbo a rappelé que la Fifa "s'est déjà penchée sur l'incident" Zidane-Materazzi à travers son comité de discipline qui a sanctionné les deux joueurs. Il n'y a pas eu recours à la vidéo car l'arbitre de champ espagnol Horacio Elizondo a été "immédiatement informé" du coup de tête.

L'avocat de la Fifa a estimé enfin qu'"il n'appartient pas au juge judiciaire de s'immiscer dans le déroulement d'un match", sinon cela reviendrait à "ouvrir la boîte de Pandore" des actions en justice à tout-va.
AFP