A vrai dire, en jetant Roger Lemerre en pâture, la fédération royale marocaine de football voudrait faire croire qu’après son départ, tout ira pour le mieux pour le football marocain.

Au contraire, par cet acte, il semble que les décideurs de la politique footballistique nationale persistent à adopter l'attitude de l'autruche au mépris d'une approche réaliste.

Il n’y a qu’à faire la comptabilité des entraineurs qui se sont succédé ces dernières années pour se rendre compte finalement que les vrais maux sont ailleurs.

Il serait trop facile de croire que Roger Lemerre est le seul responsable de la déroute. La faute incombe en fait à un système politique qui a décidé de laisser le foot sur la touche et de le priver des moyens de son développement.

Il n'y a qu'à contempler le niveau des clubs marocains qui disputent les compétitions continentales. Chaque année, nos clubs, même les plus prestigieux, quittent prématurément ces compétitions.

Il est lassant qu'à chaque action litigieuse qui désavantage les lions de l'atlas, on se sente obligé de lancer un scandale et de remercier le coach. A part donner une mauvaise image du notre foot, nous ne voyons pas du tout ce que cela apporte.

Il faut avouer que le mal du football national ne se limite pas au choix de l’entraîneur de l’équipe nationale du moment que le travail doit se faire au niveau des catégories jeunes.

L’ossature de la pyramide doit être respectée afin d’assurer en permanence une relève et une large panoplie de choix. Et d’ajouter que la Fédération n’a formé aucun entraîneur pour qu’il assume la responsabilité de l’équipe nationale.



Tous les entraîneurs qui se sont succédé sur la tête du staff technique de l’équipe nationale se sont formés eux-mêmes.Et l'exemple de Baddou Zaki qui revient avec insistance depuis plusieurs mois pour coacher les lions de l'atlas en est un exemple de taille.

Aujourd’hui, à notre connaissance, il semble que les acteurs du football national ne disposent d’aucune idée documentée pour sortir du marasme organisationnel et économique d’où l’importance d’une approche en profondeur de la chose footballistique.

Abderrahim Lakhail
Menara