L'attente est énorme dans la capitale bretonne. Résultat : les hommes de Guy Lacombe, dont l'avenir reste flou et qui a récemment remporté deux coupes (celle de la Ligue en 2004 avec Sochaux, celle de France avec le PSG en 2006), abordent cette rencontre avec une certaine pression sur les épaules. Eux qui ont abandonné leurs rêves de Ligue de champions après une série de quatre matches sans victoire qui les a décrochée des équipes de tête, en janvier-février, n'ont pas le droit à l'erreur pour cette finale qui délivre en plus une place pour l'Europa League. Pour ne rien arranger, les Rouge et Noir d'Ille et Vilaine auront la lourde tâche d'assumer le statut de favori.

Septième de Ligue 1, Rennes a en effet les faveurs des pronostics face à Guingamp, pensionnaire de Ligue 2. Le Stade Rennais est ressorti vainqueur de ses deux confrontations face aux Costarmoricains en Coupe de France (3-1 en 1988/89, 8e tour ; 2-1 en 2000/01, 32e de finale). Et surtout, le dernier vainqueur de l'épreuve non membre de l'élite du football français est en effet Le Havre. Et c'était en 1959... Mais voilà, l'erreur pour les protégés de Guy Lacombe, qui enchaînent le bon et le moins bons depuis quelques mois, serait de se voir vainqueur avant de jouer la finale. Avec Lacombe, les expérimentés Leroy et Pagis sont là pour éviter cette erreur. Histoire de ne pas rater une occasion en or de dépoussiérer son armoire à trophée.

Guingamp a les armes

Cinquante ans ! Une éternité. Depuis 1959, aucune équipe d'une division inférieure n'a réussi l'exploit de sortir vainqueur en finale. Pis encore, depuis 1999, quatre clubs de division inférieure ont atteint la finale de la Coupe de France (Sedan deux fois, Calais, Amiens et Châteauroux) mais tous en sont ressortis battus. En clair, Guingamp va devoir faire mentir les statistiques pour cette première finale de la Vieille Dame entre deux équipes bretonnes. Mais il ne faut pas enterrer les protégés de Victor Zvunka si vite. Après un mois d'août catastrophique marqué par quatre défaites et un nul en cinq matches, les Costarmoricains ont progressivement relevé la tête en championnat pour s'installer dans le ventre mou de la L2.

Mais c'est en Coupe de France que les Guingampais ont montré toute l'étendue de leur potentiel. En sortant Toulouse (1-2) en demi-finale et Le Mans en huitième de finale (1-0), les coéquipiers de Yohann Rivière ont fait l'étalage de leurs qualités. Tout le monde veut d'ailleurs croire en leurs chances au Stade de France car un vrai état d'esprit s'est crée dans le groupe, qui reste toutefois sur deux défaites en championnat. "C'est vraiment le collectif qui ressort de notre groupe. Ce sont des critères importants pour réaliser un parcours en Coupe et arriver en finale. La toute première Coupe de France que j'ai gagnée avec le FC Nantes en 1999, c'était ça", explique Yves Deroff sur le site du club.

L'ancien Nantais sait de quoi il parle. Samedi, il va disputer sa cinquième finale. C'est d'ailleurs une des autres forces de Guingamp avec l'attaquant Eduardo, qui marque but sur but en Coupe de France. Pas moins de quatre joueurs du Pays du Trégor ont en effet déjà remporté une Coupe nationale. Deroff s'est offert la Coupe de France avec Nantes en 1999 et 2000. Christian Bassila la Coupe de la Ligue avec Strasbourg en 2005, Wilson Oruma la Coupe de la Ligue avec Sochaux en 2004 et Lionel Mathis a décroché la Coupe de France avec Auxerre en 2003 et 2005. Une expérience qui pourrait compter samedi soir pour Victor Zvunka. "Rennes a besoin de gagner cette finale pour jouer la Coupe d'Europe et nous pour inscrire une première ligne au palmarès du club. Depuis Le Havre en 1959, plus aucun club de Ligue 2 n'a remporté la Coupe de France. En Avant à l'occasion de s'inscrire dans l'histoire", salive Noël Le Graët , le président guingampais.


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