Vingt-cinq ans après son unique finale, perdue contre les Etats-Unis sur le sol américain, l'Argentine connaît l'ampleur de sa tâche. "Les Russes sont favoris, c'est certain, souligne le capitaine Alberto Mancini. Mais on a notre chance, d'autant qu'on s'attendait à ce que la surface soit plus rapide."

Outre un hypothétique effet Diego Maradona, attendu comme supporteur de choc dans la capitale russe, Mancini compte donc surtout sur Nalbandian, chargé de ramener trois points puisque le 8e mondial devrait cumuler simples et double.

A l'aise sur tous les terrains de jeu -il est avec Federer le seul joueur en activité à avoir atteint les demi-finales des quatre tournois du Grand Chelem- Nalbandian en est capable. Mais saura-t-il résister à la pression qui pèse sur ses épaules, alors qu'il sort d'une deuxième partie de saison plutôt mitigée ?
On aura une idée plus précise à l'issue du deuxième simple de vendredi -le choc du week-end- contre un Marat Safin de retour au premier plan. Les deux hommes se sont rencontrés à deux reprises cette année, dans des parties accrochées à l'extrême.

Safin l'a emporté au jeu décisif du cinquième set au deuxième tour de l'US Open, alors que Nalbandian a gardé le dessus... au jeu décisif du troisième et dernier set à Madrid deux mois plus tard.

Si l'Argentin récidive vendredi, tout restera possible, d'autant qu'il a battu Davydenko, le N.1 russe, lors de leurs trois dernières rencontres.

S'il perd, ça sentira déjà le roussi, même si Alberto Mancini compte bien réussir un coup en titularisant Juan Ignacio Chela plutôt que Agustin Calleri pour le premier simple.

Se basant sur le fait que Chela mène 5-0 dans ses confrontations directes face à Davydenko, Mancini n'a pas hésité à le lancer dans le grand bain, alors que tour le monde attendait Calleri, a priori plus performant sur cette surface (mais à 0-4 contre le N.1 russe).

On doute cependant que cela fasse vraiment peur à Davydenko, l'un des hommes de l'automne pour avoir remporté son premier Masters Series à Paris-Bercy et s'être marié il y a quelques jours.

Comme Safin, il aura également l'avantage d'être frais pour dimanche si les derniers simples comportent encore un enjeu puisque c'est la paire Youzhny/Tursunov qui est annoncée pour jouer le double samedi.

Avec tant d'arguments, la Russie est en position idéale pour en finir avec cette malédiction des finales à domicile. En 1994 et 1995, elle avait perdu coup sur coup contre la Suède (4-1) et les Etats-Unis (3-2). Sa victoire à Paris en 2002 ne lui a donné que plus d'envie encore de vaincre enfin chez elle.