Les Girondins ont attaqué cette 22ème journée en sachant à l’avance que Rennes et Toulouse s’étaient neutralisés la veille, que Nice s’est incliné à Valenciennes et que le Paris SG est venu à bout de Caen. Toujours deuxièmes à l’heure de débuter le match, les marine et blanc avaient vu revenir le PSG à deux points et connaissaient la menace marseillaise (qui affrontait à la même heure Sochaux), et bien évidemment celle de Lille. Adversaire d’un soir, les nordistes restent sur une impressionnante série de bons résultats en championnat de France. Les hommes de Rudy Garcia, emmenés par Rio Mavuba, joue dans une configuration de 4-3-3 dit à la Lyonnaise avec Malicki dans les buts, Beria, Rami, Plestan et Emerson en défense. Le milieu lillois est composé de Balmont, Mavuba et Cabaye. Enfin, un trident offensif avec Obraniak, Frau et Bastos sera un danger permanent pour les Bordelais. Justement, du côté des marine et blanc, Laurent Blanc aligne la même équipe que face à Paris. Dans les buts, on retrouve Ramé, défendu par le quatuor Chalmé, Henrique, Diawara, Trémoulinas. Au milieu de terrain, on retrouve de droit à gauche, Jussiê, Diarra, Gourcuff et Wendel, le tout en losange. Enfin, Bellion et Cavenaghi compose l’attaque bordelaise. Les données du match sont claires : une victoire et Bordeaux passe en tête en attendant le résultat du match de Lyon ce soir, un nul et le risque de voir Marseille revenir sur les talons des Girondins est grand tout comme celui de voir Lyon prendre de l’air. Idem en cas de défaite.




Les Lillois, plus en rythme que les bordelais, ont pris directement l’initiative du jeu et du pressing au point d’obliger Ramé à une sortie dans les pieds de Bastos (2’). La mise en route des Bordelais est plus lente en raison de l’absence de compétition après la victoire à Nantes (1-2). La première incursion girondine intervient à la 5ème minute sur un coup franc au-dessus de Gourcuff, suivi d’une première belle action collective sur le côté gauche (6’). Comme un diesel, Bordeaux monte en puissance. Tout le monde croit au but dès la 10ème minute. Le joueur qui devait être considéré comme le buteur aussi. Trop facile Cavenaghi qui pense avoir marqué tellement la situation de but était énorme. Sur une transversale de Jussiê pour Trémoulinas qui centre sans contrôle pour Cavenaghi seul aux 6 mètres. L’argentin frappe trop tôt le ballon qui meurt en sortie de but (10’).




Les Bordelais jouent mais doivent se méfier des Lillois, vifs. Balmont est bousculé dans la surface mais M. Duhamel ne dit mot. Dans les secondes qui suivent, Bellion ouvre le score. Sur une longue ouverture de Diawara, Rami contrôle le ballon mais manque de précision à tel point que Bellion le devance et file au but pour tromper Malicki (16’). Dès lors, les Girondins jouent à leur main. 24ème minute, contre-attaque bordelaise sur une déviation magnifique de Bellion dans la course de Gourcuff qui avance et centre pour Cavenaghi dont la reprise des 15 mètres sans contrôle est superbe mais pas cadrée. Splendide. Si Cavenaghi n’est pas en réussite sur cette première demi-heure ce n’est pas faute de tenter comme à la 32’ sur un service lobé de Gourcuff, il tente une reprise en demi-volée qui s’envole. Autre illustration du jeu à la bordelaise sur un une-deux entre Trémoulinas et Cavenaghi. Le défenseur, auteur une nouvelle très belle prestation, centre magnifiquement mais son offrande ne trouve pas preneur (34’). Lille a du mal à se montrer dangereux malgré Bastos qui à l’issue d’un duel serré avec Chalmé, contrôle le ballon de la tête, se retourne et frappe de volée, à côté !




La mi-temps est sifflée. Les deux équipes rentrent aux vestiaires avec une certaine nervosité. Le retour est fulgurant pour les lillois qui tels des Dogues se jettent sur les ballons qui appétit. Les Bordelais sont dépassés et ne parviennent pas à se dégager. Tous les ballons reviennent trop vite sur les buts de Ramé. Dans la logique de la reprise des Lillois, Obraniak égalise dès la 48ème minute de jeu sur un coup franc mal dégagé par la défense bordelaise, à la récupération l’ancien messin fusille Ramé (1-1). Après une dizaine de minutes difficiles pour les Girondins, Lille prend l’avantage grâce à Rami qui n’est pas attaqué et frappe victorieusement (1-2, à la 57ème). Les Girondins vont-ils pouvoir se relever ? Ils sont piqués au vif. Ils recommencent à jouer avec leurs qualités. Le résultat ne se fait pas attendre. A la 61ème, Gourcuff prolonge un coup franc de Wendel dans le but de Malicki (2-2). Quelle entame de deuxième période ! Ce match est fou.




Les entraîneurs commencent leurs changements. Garcia ouvre le bal avec le remplacement de Frau par Fauvergue. Blanc le suit avec l’entrée en jeu de Fernando à la place de Wendel (63’). Ce match sent le KO. Tout peut basculer d’un côté ou de l’autre. La tension est très forte. Les deux équipes ont tellement la volonté de gagner que les nerfs sont à vif. La tournante des joueurs continuent, Gouffran remplace Bellion et Cabaye est remplacé par Dumont (74’). Le dernier quart promet d’être chaud. Le ballon file d’un but à l’autre. Les options tactiques des coaches sont un peu oubliées. Les Girondins doivent en revenir au jeu et rien qu’au jeu. Lille s’en remet à la vitesse et à la gnac. Et ça marche. Heureusement, Ramé sort d’une manchette une frappe de Faubergue (80’). Garcia fait rentrer son dernier joker, Bastos cède sa place à Hazard (81’).




Bordeaux pousse. Sur une contre-attaque, Jussiê se heurte à Malicki (82’). Dans la minute suivante, sur un nouveau contre, il déclenche une frappe des 25 mètres légèrement trop enlevée. Dommage ! Les spectateurs de Chaban-Delmas frissonnent sur chaque montée lilloise, ils encouragent sur celles des Bordelais. Lille obtient un coup franc hyper dangereux. Hazard manque le cadre. Ouf ! Bordeaux pousse, pousse, pousse mais rien ne passera. M. Duhamel siffle la fin du match. Bordeaux prend la tête de la Ligue 1 pour quelques heures.



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