Le roi Cristiano Ronaldo
Par Sport Magazine,
mardi 2 décembre 2008 à 09:27 :: General
:: #2017
:: rss
Cristiano Ronaldo a été élu Ballon d’Or France Football 2008 par un jury de journalistes du monde entier. Cette distinction récompense la saison exceptionnelle du fantasque milieu offensif, vainqueur du championnat d’Angleterre et de la Ligue des champions avec Manchester United. Le Portugais devance l'Argentin Lionel Messi et l'Espagnol Fernando Torres au classement. Le premier Africain, le Togolais Emmanuel Adebayor, est 12e.
« Qu'est-ce que je dois gagner de plus pour remporter le Ballon d'Or ? » Rien, ont tranché les journalistes de 96 pays : Cristiano Ronaldo, 23 ans, est le Ballon d’Or France Football 2008. Et pour cause : le Portugais a réalisé une saison exceptionnelle. Il a remporté le championnat d’Angleterre et la Ligue des champions avec son club, Manchester United. Et le milieu offensif a fini meilleur marqueur européen avec 42 buts inscrits, toutes compétitions confondues.
Résultat au classement : le lusophone, 446 points, devance largement l’Argentin Lionel Messi (281) et l’Espagnol Fernando Torres (179). Le Togolais Emmanuel Adebayor, premier africain, est 12e (12).
Joueur génial, personnage haï
Les prestations décevantes de Ronaldo avec le Portugal durant l’Euro 2008 (élimination en quart de finale) n’ont donc pas terni son bilan. Pas plus que ses frasques : de l’étalage de sa vie privée à son expulsion ce 30 novembre 2008, en passant par le feuilleton estival de son transfert avorté au Real Madrid. Car le personnage est arrogant et caractériel, mais le joueur, génial.
Cristiano Ronaldo à l'entraînement.(Photo : Reuters)
Cristiano Ronaldo à l'entraînement. (Photo : Reuters) Oubliez les chevauchées folles, le nez dans les crampons. Sous la houlette de Sir Alex Ferguson, son coach à Manchester, Cristiano Ronaldo a poli son jeu comme on poli un diamant. Dribbleur, buteur et désormais passeur, la star sait tout faire. Grand, véloce, puissant, adroit des deux pieds et de la tête, le natif de Funchal est devenu le prototype du footballeur moderne.
L’héritier de Figo et Best
Il est le digne successeur des Portugais titrés avant lui : Eusebio (1965) et Luis Figo (2000). Cristiano Ronaldo renoue en outre avec la tradition des Ballons d’Or mancuniens. Il rejoint l’Ecossais Denis Law (1964), l’Anglais Bobby Charlton (1966) et le Nord-Irlandais George Best (1968) au palmarès.
Si filiation il y a à chercher, c’est d'ailleurs du côté de Best qu’il faut regarder. Comme Ronaldo, le légendaire ailier au numéro 7 aimait donner le tournis aux défenseurs comme aux femmes. Quarante années après, Cristiano imite donc George Best.
Faux dilettante
Cristiano Ronaldo.(Photo : Reuters)
Cristiano Ronaldo. (Photo : Reuters) Mais, contrairement à son prédécesseur, le joueur de la selecçao est un faux dilettante. En témoigne son enfance pas facile au sein d’une famille très modeste à Madère. Cristiano, petit dernier des Dos Santos Aveiro, est arraché très jeune à son île, direction Lisbonne. Isolé et colérique, le prodige réussit toutefois à creuser son trou au sein des équipes de jeunes du Sporting Portugal.
A 17 ans, il maltraite la défense de Manchester lors d’un match amical et attire les convoitises anglaises. Transféré outre-Manche, Ronaldo « tarde » toutefois à confirmer. Trop frimeur, trop individualiste, il exaspère ses coéquipiers, dont Ruud van Nistelrooy. Ces deux là en viennent même aux mains, un jour, à l’entraînement. Car l’attaquant des Pays-Bas avait involontairement insulté la mémoire du père de Ronaldo, mort tragiquement quelques semaines plus tôt…
2006 : le déclic
La Coupe du monde 2006 en Allemagne n’aide pas à assoir la popularité du play-boy au Royaume-Uni. En quart de finale face à l’Angleterre, il réclame ostensiblement et inutilement l’expulsion de son coéquipier en club, Wayne Rooney. Le geste de trop. De retour à Manchester, le Lusitanien devient l’ennemi public numéro un.
Ce climat d’hostilité provoque paradoxalement le déclic tant attendu. Excellent lors de la saison 2006-2007, Cristiano Ronaldo l’est encore davantage en 2007-2008. Il pouvait d’ailleurs conclure de ses prestations : « Il y a deux ou trois autres joueurs qui méritent le Ballon d'Or. Mais si vous regardez ce que chacun a fait au cours de la saison, je crois que j'ai fait plus que n'importe qui. » Personne ne pourra le contredire.
Source : http://www.rfi.fr/sportfr/articles/108/article_75494.asp
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire