Daniel Alves, dans les pas de Cafu
Par Sport Magazine,
lundi 17 novembre 2008 à 10:31 :: Football
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Depuis quelques années, Daniel Alves est considéré comme l'un des tout meilleurs arrières droits au monde. Le Brésilien a été enrôlé par le FC Séville en 2003 et tous deux ont suivi la même courbe ascendante : Alves a joué un rôle fondamental dans l'évolution du club andalou, qui a troqué en quelques années son statut d'équipe moyenne pour celui de double lauréat de la Coupe UEFA (2006 et 2007).
Daniel Alves est ainsi devenu l'un des défenseurs les plus cotés du marché européen et a fini par signer cette saison au FC Barcelone. Pourtant, sa popularité est moindre dans son pays natal : après avoir activement participé à la conquête de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, EAU 2003, le natif de Juazeiro a dû attendre trois ans pour être invité à porter le fameux maillot auriverde.
Une fois cette étape franchie, Alves s'est illustré en marquant lors de la victoire du Brésil 3:0 face au rival argentin, en finale de la Copa América 2007. Il s'agissait du premier titre glané par le prodige avec l'équipe A et, à en juger par l'assurance dont il a fait preuve lors de cet entretien exclusif avec FIFA.com, de nombreux autres trophées devraient suivre.
Daniel, si l'on récapitule votre carrière, vous étiez âgé d'à peine 19 ans et portiez le maillot de Bahia lorsque vous avez été transféré au FC Séville. Comment avez-vous été repéré ? J'ai eu un peu de chance. J'ai été convoqué pour disputer le Championnat d'Amérique du Sud U-20, où l'on retrouve toujours les principaux chasseurs de tête du football européen. J'ai réalisé un bon tournoi et c'est là que s'est créé le premier contact avec le staff de Séville, qui a manifesté de l'intérêt à mon égard. Avant la fin du mercato d'hiver, le club a trouvé un accord avec Bahia et j'ai fait mes valises pour l'Espagne.
Qu'attendiez-vous de Séville à cette époque ? Soupçonniez-vous que le club allait remporter deux Coupes de l'UEFA coup sur coup ? Je ne pouvais pas l'imaginer, mais j'espérais pouvoir briller en Europe et réussir de grandes performances. A mon arrivée, nous étions une équipe modeste dont le principal objectif était de se maintenir parmi l'élite. Mais nous avons progressé, et par bonheur, j'ai évolué moi aussi au sein du groupe. Avec le recul, cette période représente un tournant dans ma carrière.
Quels ont été les principaux moteurs de cette évolution ? Les transferts ont été déterminants, mais pour moi, le facteur décisif a été notre capacité à former un véritable groupe. Nous rêvions d'accomplir de grandes choses et de changer l'image de Séville au sein du football espagnol.
Quels sont les transferts qui vont ont le plus marqué ? Avez-vous été surpris par un joueur en particulier dont vous n'aviez jamais entendu parler ? Frédéric Kanouté notamment. Je ne l'avais jamais vu jouer avec Tottenham et j'ai été très impressionné par sa qualité technique et sa mobilité, en dépit de sa grande taille. C'était un exemple pour le groupe et, quand Luis Fabiano est arrivé, ils ont formé une doublette offensive extrêmement respectée.
La Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2003, aux Emirats Arabes Unis, s'est déroulée pendant votre adaptation à Séville ? C'est au cours de ce tournoi que Séville a entériné mon transfert. Après le championnat d'Amérique du Sud des moins de 20 ans, Bahia m'avait prêté pour une saison. Ma bonne prestation aux Emirats Arabes Unis a convaincu Séville d'exercer son option d'achat définitif. Ça a été un moment clé de ma carrière.
Après cette compétition, il vous a fallu attendre près de trois ans pour être appelé en sélection. Comment l'expliquez-vous ? Les choses auraient-elle été différentes si vous aviez joué dans un club brésilien ? J'aurais peut-être pu percer plus facilement, car vu le peu de temps que j'avais passé dans mon pays, certains ignoraient ce que j'avais accompli. Etant donné l'importance de la sélection au Brésil, il est difficile de convoquer un joueur méconnu du grand public. Mes compatriotes ont tout de même fini par avoir écho de mes performances à Séville et j'ai réussi à me faire ma place : j'ai même pu aider la Seleçaõ à remporter un titre. A présent, je veux être sélectionné à chaque rencontre.
La compétition que vous évoquez, la Copa América 2007, doit rester comme votre souvenir le plus inoubliable en sélection ? Surtout votre but en finale face à l'Argentine... C'est sans conteste ce que j'ai vécu de plus fort en sélection à ce jour, surtout quand on pense à la rivalité qui existe entre le Brésil et l'Argentine, en finale, alors que l'Argentine était donnée favorite...Cette finale nous a permis de démontrer que le Brésil était immortel et que lorsque nous entrons sur le terrain, il faut toujours nous respecter. J'ai été impliqué sur un but et j'en ai marqué un autre : c'est une sensation fantastique. Le premier titre est toujours spécial.
Pendant 12 ans, entre 1994 et 2006, le Brésil n'a connu qu'un seul latéral droit titulaire : Cafu. Comment expliquez-vous qu'il ait pu conserver ce poste aussi longtemps ? Il est difficile d'expliquer un tel exploit. C'est un joueur fantastique et un très grand professionnel, un véritable modèle. C'est pour cela qu'il s'est maintenu à ce niveau pendant aussi longtemps. A l'instar de Roberto Carlos sur le flanc gauche, il a marqué toute une génération en équipe nationale. En général, les joueurs connaissent des hauts et des bas au fil de leur carrière, mais eux ont été incroyablement constants. Ceux, et j'en fais partie, qui écrivent à présent leur propre histoire avec la sélection doivent bien observer ces joueurs et s'en inspirer.
Parmi les joueurs qui occupent actuellement votre poste, lesquels admirez-vous le plus ? Certains traversent une bonne phase en ce moment, comme Maicon à l'Inter ou Belletti, même si ce dernier joue milieu et non latéral avec Chelsea. Le Brésil a d'excellents latéraux à sa disposition.
En sélection, il semble que vous deviez endosser un rôle plus défensif qu'avec Séville, par exemple. Qu'en pensez-vous ? Séville, Barcelone et la Seleçaõ représentent trois situations bien distinctes. Il faut toujours être prêt à s'adapter afin d'être le plus utile possible à l'entraîneur en place. Chacun a son propre style.
Que pensez-vous du style de Pep Guardiola, après l'avoir côtoyé pendant plusieurs mois au FC Barcelone ? C'est un entraîneur qui, dès le départ, a tout fait pour montrer qu'il pouvait aussi être un grand compétiteur sur le banc et cela nous procure une énorme motivation. Aujourd'hui, je suis certain qu'il arrivera à ses fins : Pep a une vision du jeu absolument unique. Je suis convaincu qu'une grande carrière l'attend.
Vous avez souvent eu l'occasion d'affronter le grand Barcelone de Rijkaard et Ronaldinho. Selon vous, l'équipe actuelle peut-elle envisager un succès équivalent à sa devancière ? Chaque joueur et chaque entraîneur travaille pour bâtir sa propre carrière. Je ne pense pas que les comparaisons soient utiles : cette équipe a écrit sa légende en remportant des titres et développant du beau jeu. C'est exactement ce que nous devons faire et si nous parvenons nous aussi à obtenir des trophées, alors nous aurons également notre propre histoire.
La Ligue des champions de l'UEFA est toujours très convoitée par les fans de Barcelone. Pensez-vous faire partie des grands favoris de l'édition 2009 ?
Le Barça est un grand club et nous ferons toujours partie des candidats au titre, j'en suis certain. Toutefois, il s'agit d'une des compétitions les plus relevées où l'on retrouve toutes les grosses écuries. La route sera difficile, mais je pense que nous avons ce qu'il faut pour être à la hauteur.
FIFA.com
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