La Suisse a trop de remplaçants
Par Sport Magazine,
vendredi 13 octobre 2006 à 14:24 :: General
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constat • Au lendemain de la défaite 2-1 à Innsbruck, une question se pose: la Suisse peut-elle se reposer sur des joueurs qui ne sont plus titulaires dans leur club? Pascal Dupasquier, Innsbruck C'était une grande première! Mercredi soir à l'heure des hymnes nationaux, aucun des onze Helvètes qui s'apprêtaient à affronter l'Autriche en marmonnant le Cantique suisse ne jouait dans le championnat de Suisse! Un «onze» de base uniquement composé d'éléments évoluant à l'étranger, du jamais vu depuis que l'équipe nationale existe!
Le résultat? On l'a vu. La Suisse a livré une prestation misérable, en première mi-temps surtout. Peu de rythme, peu d'envie, peu de créativité dans l'animation offensive avec un Vogel transparent et un Gygax inexistant... Si la seconde mi-temps fut d'une moins mauvaise veine grâce aux entrées de Huggel et de Wicky qui ont donné un peu plus de consistance au milieu de terrain, la défaite 2-1 est logique. Elle sanctionne le manque de forme de certains internationaux. Le match le plus mauvais Ludovic Magnin est le premier à reconnaître le naufrage d'Innsbruck. «De ma mémoire d'international, c'est l'un des pires matches que j'ai joués.» Pour son 63e anniversaire qu'il fêtait hier, Köbi Kuhn aurait espéré meilleur cadeau. Il n'est cependant pas aussi empoisonné qu'il en a l'air. Aussi peu glorieuse soit-elle, cette défaite a le grand mérite de remettre l'église au milieu du village: la Suisse n'est pas suffisamment talentueuse pour prendre ses adversaires de haut, ne fusse que la modeste Autriche! Pont: «Pas le choix» Autre enseignement de taille: aligner des mercenaires qui ne sont pas titulaires dans leur club est une solution à bannir. Sur les onze qui ont entamé la rencontre au Tivoli Stadion, quatre (Streller, Lustrinelli, Gygax et Magnin) font actuellement banquette en championnat. Et un, Djourou, n'entre pas à chaque fois dans les plans d'Arsène Wenger à Arsenal. «Les titulaires indiscutables dans leur club n'ont pas été meilleurs que les autres mercredi. C'est un peu facile de dire ça maintenant», s'emporte Ludovic Magnin. Même si le grand «Ludo» refuse de l'admettre, le hic est là! Un joueur privé de minutes de jeu ne peut être compétitif à l'échelon international. Entraîneur assistant de Köbi Kuhn, Michel Pont le sait bien: «Notre état physique était insuffisant pour relever le défi de cette équipe d'Autriche dont il faut souligner la performance», analyse-t-il avant d'ajouter: «Gygax, Lustrinelli, Streller ou Magnin manquent de compétition. Quand tu n'es pas à 100% sur le plan de l'agressivité, de la condition et du rythme, les événements tournent inévitablement en ta défaveur.» Pas de pression Le Genevois jette un pavé dans la mare: «Evidemment, si tu n'entres que dans la logique du temps de jeu, les quatre ne doivent pas être alignés. Mais ça nous enlèverait la moitié de l'équipe. Ce choix-là, on sait bien qu'on ne l'a pas.» Ne faudrait-il pas faire pression sur les joueurs pour qu'ils quittent leur club s'ils ne sont plus titulaires? «On pourrait, mais on ne veut pas», répond Michel Pont. «Prenez Gygax par exemple. Il voulait absolument partir de Lille. Son entraîneur l'en a empêché. Là contre, on ne peut rien faire...» Le Genevois reste calme: «Vous savez, les gars ne sont pas fous. Ils sont jeunes et ils n'ont pas envie d'être sur le banc à longueur d'année. Ils savent très bien ce qu'ils doivent faire, autant pour l'Euro 2008 que pour leur propre carrière.» I
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