ven 7 nov 2008
L'histoire des Bleus en Coupe du Monde de la FIFA
07 11 2008L'histoire des Bleus en Coupe du Monde de la FIFA a débuté il y a maintenant 50 ans et semble étrangement se répéter tous les 20 ans. Ainsi, chaque double décennie depuis 1958, les Tricolores ont rendez-vous avec l'histoire, toujours emmenés par un fils ou petit-fils d'immigrés.
Le premier, né Raymond Kopaszewski mais naturalisé Raymond Kopa, jouait déjà en sélection dès son enfance, comme il l'a décrit dans son autobiographie Kopa par Kopa : "Nous sommes une majorité de gosses d'origines polonaises, mais quelques Français sont venus s'égarer dans notre bande. Il n'en faut pas plus pour organiser nos premiers matches internationaux : Pologne - France".
En 1958, ce n'est plus dans les rues de son quartier mais sur les pelouses suédoises que le Napoléon du football brille. Kopa a troqué "une boule de chiffons, parfois même une boite de conserve" contre un vrai ballon et le maillot des Bleus.
Malgré un accroc contre la Yougoslavie (2:3), ni le Paraguay (7:3), ni l'Ecosse (2:1) en matches de poules, ni même l'Irlande du Nord en quart de finale (4:0) ne sauront résister aux hommes d'Albert Batteux. Seul le Brésil d'un certain Pelé mettra un terme aux espoirs des Français. Les Bleus se consoleront avec la troisième place aux dépens de la République Fédérale d'Allemagne (6:3). Et le fils de François Kopa, arrivé à la gare de Noeux-les-Mines en 1919 avec ses parents et ses trois autres frères et sœurs, sèchera ses larmes avec deux titres : celui de meilleur joueur de la compétition et quelques mois plus tard le Ballon d'Or. Il restera à jamais le premier Français à l'avoir reçu...
"Platini, qui est-tu ?" ...et le dernier avant un certain Michel Platini. L'actuel président de l'UEFA s'est longtemps senti tiraillé entre la France, pays qui l'a vu naître et grandir et l'Italie, terre de ses aïeux. Comme il le déclare dans son autobiographie Ma vie comme un match, il s'est bien souvent interrogé : "Avant France-Italie, quand j'écoutais les hymnes, j'étais ému par les deux hymnes et je me disais : qui es-tu ? Je suis Français pas de doute, et il y a le cœur, mais, il y a aussi le sang, la famille, le père..."
Pourtant, le petit-fils de Francesco débarqué de son Piémont en Lorraine à l'âge de 16 ans, est bien celui qui a redonné espoir aux Français. Après 12 ans de disette - depuis Angleterre 66 - Platoche participe grandement à la qualification des Bleus pour la Coupe du Monde de la FIFA, Argentine 78.
Malgré une élimination dès la phase de poules, les hommes de Michel Hidalgo n'auront pas démérité. L'histoire retiendra que le premier adversaire qu'ait dû affronter le Roi Michele - comme on le surnomme de l'autre côté des Alpes - lors d'une phase finale de Coupe du Monde n'est autre que l'Italie (1:2).
"Et un, et deux et trois..." Un air qui ne peut que vous rappeler France 98 et le dernier des grands héros du football français : Zinédine Zidane. Zizou, celui des trois pour qui la double culture est la plus importante. Ainsi, dans son livre Le roman d'une victoire, il ne cache pas sa fierté lorsque les 70 000 spectateurs du stade Mohammed V de Casablanca l'acclament lors du Tournoi Hassan II contre la Belgique, le 27 mai 1998. Il répond à ses coéquipiers, surpris, qu'il n'est pas Marocain, "J'ai du sang arabe en moi. J'en étais très fier".
"J'avais marqué pour la France en finale de la Coupe du monde !" Zidane, c'est le symbole de France 1998. Quand les Bleus débutent à Marseille, sa ville natale, le fils de Smaïl débarqué d'Algérie pour Saint-Denis à 16 ans, déclare : "Ce soir, je serai fier d'être Français". Pendant quatre semaines, le Marseillais a fait le bonheur de ses supporters le temps de cinq rencontres et deux buts contre le Brésil. Heureux comme un gamin, il déclarera par la suite : "J'avais marqué pour la France en finale de la Coupe du monde !"
Trois hommes, trois origines mais un destin commun menant la France vers les sommets. 1958, 78, 98... Nul doute que les Karim Benzema, Samir Nasri et autres Hatem Ben Arfa mettront un point d'honneur à qualifier les Bleus pour la Coupe du Monde de la FIFA 2018. On ne se sait jamais...
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