Lens, Lyon et Emon

Pour lui, la mauvaise passe sportive remonte au match nul concédé à Lens (1-1, 9e journée L1) qui a frustré les joueurs : "Nous connaissons la période de ressac qui affecte tous les clubs à un moment de la saison. Je pense que la frustration du match de Lens (1-1) a compté. Nous aurions dû avoir deux points de plus NDLR : suite à la simulation de Hilton, Lens avait égalisé sur penalty et c’est dans un autre état d’esprit que nous aurions accueilli Lyon. Il n’y a pas entre les Lyonnais et nous la différence matérialisée par le score (1-4)" se convainc Diouf. L’OM a ensuite enchaîné les désillusions avec 3 défaites d’affilée (St Etienne, Nice et Lorient). De là à entamer le moral de l'entraîneur Albert Emon qui pourrait jeter l'éponge en cas de nouveau revers à Lille ? Diouf n'y croit pas une seconde : "C’est Albert Emon qui a conduit cette équipe en haut du classement et je ne vois pas ce qui pourrait le pousser à la démission. Mais, par honnêteté aussi, je dois rappeler qu’aucun entraîneur ne dispose de sa place à vie" rappelle-t-il, histoire de montrer que la décision est plus entre ses mains que celles d’Emon.

La défense, Civelli et le mercato

Pour Diouf, le souci est avant tout défensif au vue des lourdes défaites subies ces derniers temps. La défense olympienne a en effet encaissé 10 buts sur les 4 derniers matchs. Il fait ainsi le parallèle entre ces manquements défensifs et l'absence de l'Argentin Renato Civelli : "Si l’on examine de près les larges défaites que nous avons subies à Saint-Étienne (1-4) et contre Lyon, où nous avons encaissé quatre buts, à chaque fois il nous manquait un élément dans cette défense, Renato Civelli. Je ne suis pas en train d’en faire un nouveau Franco Baresi. Mais nous avons très bien démarré la saison avec des éléments qui, même s’ils ne sont pas les meilleurs dans le genre, avaient trouvé une cohésion" note le président marseillais. Ainsi le mercato d'hiver pourrait permettre à l'OM de renforcer cette défense qui pose problème : "C’est un marché de correction. Pour l’instant, nous n’avons pas pris de décision là-dessus. Et il faut être réaliste. Un grand défenseur central ne se trouve pas facilement. Ou il est titulaire ailleurs, ou il est très cher. Avec le départ de Sabri Lamouchi, il y a un espace financier qu’il nous est possible d’occuper. Et si une occasion se présente, nous réfléchirons à la possibilité de dégager des moyens" promet-il.

Le cas Franck Ribéry

A deux doigts à partir cet été, Franck Ribéry était resté à l'OM grâce à l'entêtement de Diouf de ne pas voir son joueur rejoindre Lyon. Alors, cet hiver, il ne sera pas question de lâcher Franck au mercato : "Nous avons de la considération pour le joueur et l’homme, mais il fait partie d’un effectif et nous devons les mêmes égards à chacun. Il n’y aura pas de traitement de faveur pour Ribéry. Et d’ailleurs, il le conçoit lui même ainsi". Et même si en ce moment l'international français déçoit énormément : "Il ne s’économise pas, a connu une Coupe du monde exigeante et un été compliqué. Il est donc normal qu’il soit en dedans de ses possibilités. Et il faut reconnaître à Franck Ribéry un gros cœur. Je n’oublie pas qu’on lui doit beaucoup sur notre bon début de saison". Diouf sait bien que le rendement de Ribéry influe énormément sur la performance globale de l'équipe, et un joueur au potentiel aussi énorme doit à tout prix être conservé.

Quand Diouf défend Anigo

Quand il s'agit d'aborder le sujet José Anigo, plus en retrait cette saison suite à un été tumultueux, Diouf prend la défense de son directeur sportif : "Plus que jamais et je le dis fortement. José Anigo a été très largement et très injustement attaqué. Il est parfois excessif dans ses propos mais très généreux dans le travail. Il a simplement souhaité moins s’exprimer afin que ses propos ne soient pas interprétés et afin de se consacrer à son travail en interne, qui est important" explique-t-il. Et Diouf tient également à démentir une rumeur qui faisait état d'une certaine pression de Robert Louis-Dreyfus : "RLD ne m’a jamais demandé de me séparer de lui. Il est vrai qu’à un moment donné le maintien de José Anigo s’est posé, par rapport à certaines choses qui s’étaient passées..." Au moment du départ de Jean Fernandez ? Diouf acquiesce : "Grosso modo. Lorsqu’il s’est agi, à la direction du club, de faire le point, lorsque son cas a été évoqué, j’en ai parlé effectivement aussi bien devant le conseil de surveillance qu’avec Robert Louis-Dreyfus et tout le monde a abondé dans mon sens. J’estime que le rôle de José Anigo est prépondérant" conclut Diouf.

Diouf fait-il du populisme ?

Pape Diouf sait qu'il a la côte auprès des supporters marseillais grâce à ses prises de position notamment lors du PSG-OM en mars dernier, ou plus récemment contre Jean-Michel Aulas l'arrogant président lyonnais. Si bien qu’on l’accuse de faire du populisme. Ce à quoi Diouf se défend : "Je ne me suis jamais servi de ma position actuelle pour asseoir un statut social et je ne suis pas populiste. Le fait est que nous sommes souvent l’objet d’attaques infondées, alors je réagis et je peux donner l’impression de caresser les supporters dans le sens du poil. Ce n’est pas le cas. À ces moments-là, je recueille leur adhésion, et cela ne va pas au-delà. Si, pour certains, faire du populisme, c’est défendre bec et ongles le club dont j’ai la responsabilité, alors va pour le populisme. Et avec les supporters, je me félicite que la relation soit faite de confiance, respect et considération réciproques". Les résultats sportifs aidant, les joueurs seraient bien inspirés de redresser la tête en championnat, sous peine de voir cette union sacrée au sein du club se dégrader rapidement. L’apaisement joué par Diouf est précaire, et le président olympien sait que son club est assis sur un volcan toujours en activité...