Dans l'ombre de Roger Federer depuis plus de trois ans, le Majorquin a su se donner les moyens d'inverser la tendance. Alors que le Suisse paie manifestement encore les effets d'une mononucléose contractée en début d'année et une certaine lassitude, le quadruple vainqueur de Roland-Garros a su, lui, apporter les modifications nécessaires à son jeu pour se montrer aussi solide sur les surfaces rapides que sur sa chère terre battue. Désormais capable de prendre la balle plus tôt, d'imprimer des trajectoires plus directes et de s'appuyer sur un revers et un service plus percutants qu'en début de carrière, Rafael Nadal démontre au fil des semaines qu'il a maintenant les armes pour s'imposer sur toutes les surfaces. Le trône lui semble promis. Une demi-finale la semaine prochaine au Masters Series Cincinnati lui suffit pour renverser le Roi Roger.

Un 5e titre consécutif sans forcer

Le revenant Nicolas Kiefer n'a pas eu les moyens de stopper son inéluctable marche en avant. Certainement encore marqué par les efforts consentis en demi-finale face à Gilles Simon, l'Allemand n'a jamais été en mesure de résister au rouleau compresseur made in Manacor. Abandonné par sa première balle (47%) et malgré quelques coups d'éclats en coup droit, l'ancien de numéro 4 mondial en 2000 a subi de plein fouet la tornade majorquine, se rendant coupable d'un trop grand nombre de fautes directes (31 contre 15). Alors qu'il tirait la langue au terme de chaque long rallye de fond de court et se montrait trop fragile sur les points importants (0 balle de break convertie sur 4), Nadal se contentait de faire le travail. Sans génie, l'Espagnol rouait de coups son adversaire et grâce à une solidité sans faille dans le money-time (4 balles de break converties sur 4), s'offrait un 29e succès consécutif, au bon goût de première place mondiale.

Eurosport - Thomas BONNET