mar 27 mai 2008
Le défenseur de l'équipe de France Lilian Thuram a estimé lundi que les Bleus devaient éviter toute forme de "suffisance"
27 05 2008LILIAN THURAM, ce stage ressemble-t-il à celui que vous aviez connu en 2006?
L.T. : Pour l'instant oui. On m'a redonné la même chambre (rires). On se prépare tranquillement en espérant être en forme pour le Championnat d'Europe. Mais en 2006, je me retrouvais avec beaucoup de joueurs que je ne connaissais pas vraiment. Là , c'est complètement différent. Depuis 2006, les choses n'ont pas tellement évolué, on se connaît très bien. C'est un avantage. C'est un stage très court mais on ne pouvait pas faire autrement.
Comment vous sentez-vous physiquement?
L.T. : Pour l'instant, ça va. On verra vraiment au moment du Championnat d'Europe. De toute façon, que vous soyez en forme physiquement ou pas, quand vous commencez le Championnat d'Europe, il y a toujours un doute pour savoir si vous allez être performant. Ce doute existe, comme il existait quand j'avais 24 ans. Cela n'a pas évolué.
Parvenez-vous à mieux vous gérer grâce à votre expérience?
L.T. : Il n'y a pas de gestion possible quand vous êtes dans la compétition. Il faut être au point physiquement car c'est ce qui fait la différence. J'essaye de travailler le plus sérieusement possible comme d'habitude.
Avez-vous eu des doutes sur votre participation à l'Euro?
L.T. : Bien sûr. Je connaissais ma situation en début d'année et la saison d'avant, j'avais déjà très peu joué.
Que ressentez-vous pour les sept joueurs qui seront exclus de la liste, mercredi?
L.T. : Ce sera difficile pour les joueurs qui ne seront pas retenus. Mais cela fait partie du métier. A chaque match, des joueurs sont mis à l'écart. Là , ne pas aller au Championnat d'Europe, c'est extrêmement difficile mais il faut qu'ils comprennent que c'est le choix d'un entraîneur et que leur valeur n'est pas remise en cause. Il ne faut pas prendre cela comme un échec individuel.
Sentez-vous une pression ou un peu de nervosité à l'approche de la divulgation de la liste des 23?
L.T. : Pas du tout. Le groupe vit très bien. C'est très important d'avoir pris autant de joueurs. Cela permet à tout le monde d'être concentré. Pour le travail, c'est très intéressant.
Qu'attendez-vous des trois matches de préparation?
L.T. : Ce ne sera pas évident. Il faudra faire attention à ne pas se blesser. Il faut se rassurer sur le plan de l'équipe. C'est toujours important de gagner, il y a un capital confiance qui s'installe. J'espère que le contenu sera positif.
Comment évaluez-vous le profil de l'équipe de France?
L.T. : C'est une équipe qui a des certitudes. On vit très bien ensemble. On se connaît bien. C'est un groupe mature. L'important, c'est de ne pas avoir de suffisance.
Le groupe paraît plus sûr qu'en 2006...
L.T. : Il y a ce capital confiance qui est là . Il faut simplement que l'on sache qu'il y avait un doute en 2006 et que c'est lui qui nous a fait avancer. Il est fondamental que ce doute existe encore pour augmenter notre concentration.
Comprenez-vous les interrogations au sujet de votre niveau et de votre âge?
L.T. : C'est tout à fait normal. J'ai 36 ans donc certains peuvent avoir des doutes. Mais on peut avoir des doutes aussi sur des jeunes joueurs.
C'est votre 7e phase finale, un record en France. Y a t-il des pièges qu'il faut éviter avant une grande compétition?
L.T. : L'humilité est très importante. Chaque joueur doit s'oublier pour mettre ses qualités à la disposition de l'équipe. Ce n'est pas toujours le cas. Eurosport - avec AFP