On respire du côté du Haillan
Par Sport Magazine,
mardi 17 octobre 2006 à 12:34 :: General
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Après sa jolie victoire, samedi, face à Monaco (1-0), Bordeaux émarge désormais à la 5e place mais surtout, il s'est rassuré. Car le malaise commençait à être palpable. La faute à un début de saison mi-figue mi-raisin (le cauchemar pour tout Bordelais qui se respecte) et à un débat autour de Johan Micoud. Contre Monaco, Bordeaux a apporté des réponses. Ricardo, l'entraîneur des Girondins, goûte lui aussi ce succès important et bienvenu avant de recevoir mercredi, en Ligue des Champions, le leader et favori du groupe, Liverpool. Des Reds en difficulté en championnat certes, mais Ricardo ne sous-estime pas la valeur du quintuple champion d'Europe.
Ricardo, jusque là on avait vu un Bordeaux en difficulté pour faire le jeu. Samedi, face à Monaco, votre équipe a semblé plus cohérente. C'est vrai que samedi, c'était vraiment bien. Mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'idée qu'on peinait dans le jeu. Bordeaux a fait d'autres bonnes prestations mais sans être récompensé. Je pense au match contre Lille (0-3) où on fait vraiment de bonnes choses et on rentre à la mi-temps en étant menés de deux buts. Ça fait partie des choses inexplicables. Le problème, c'est que, comme on a gagné notre premier match, tout le monde a été déçu par les résultats qui ont suivi sans toujours bien regarder le contenu. Une des indications du match de samedi, c'est que Micoud était dans l'axe et Micoud a mieux joué. Ça c'est sûr. En fait, il faut être précis. Il avait déjà évolué dans l'axe mais derrière seulement un attaquant, comme un 9 et demi en quelque sorte. Samedi, il a pu jouer derrière deux attaquants. Il a plus de solutions et dans ces conditions, il est plus efficace. Mais bon, ce sont aussi les absences qui ont conduit à ce choix. Ça veut dire que vous n'êtes pas certain de reconduire ce système ? Si, car l'équipe a montré des choses intéressantes. Mais je ne tire jamais de conclusion après une seule rencontre mais seulement après une série. C'est là qu'on tire les enseignements. Sur un match, ça dépend trop des circonstances du jour, de l'adversaire,... Non, la seule certitude que j'aie, c'est que Johan est meilleur derrière deux attaquants. Ça se prête mieux à ses qualités et à ses habitudes. Mais je dois considérer l'ensemble de l'équipe. Cette victoire tombe plutôt bien avant de recevoir Liverpool. Une victoire tombe toujours bien. Mais c'est vrai qu'il vaut mieux prendre Liverpool en étant en confiance. Sinon, tu peux vite le payer cher. C'est vraiment une grande équipe sans vrais points faibles, un superbe ensemble avec un joueur exceptionnel : Steven Gerrard. Lui, c'est la classe, capable de faire la différence dans les grands matches. Vous dites que les Reds n'ont pas vraiment de points faibles. Mais on a pu noter ces dernières semaines des failles défensives chez eux notamment sur leur flanc gauche d'où ils ont encaissé pas mal de buts contre Chelsea, Bolton, Blackburn ou Galatasaray. Vous l'avez sûrement noté ? Bien sûr que j'ai noté ça. Mais, l'entraîneur qui est en face aussi l'a noté. Et, à mon avis, il a dû travailler en conséquence. Justement, de nombreux observateurs pensent que l'arme principale de Liverpool, surtout en Coupe d'Europe, est sur le banc avec Rafael Benitez. Soyons clair : il fait partie des tout meilleurs entraîneurs européens. Après, il ne faut pas se mettre de pression particulière. Moi, je prépare mon match normalement, que ce soit face à Benitez ou Boloni. Je sais que c'est un fin tacticien mais ce n'est pas un affrontement Benitez-Ricardo. La vérité appartient aux joueurs. Ce sont eux qui font le match. Une rude bataille se dessine en milieu de terrain. En face, il y a un fameux trio axial : Sissoko, Alonso et Gerrard qui se recentre régulièrement. Vous envisagez de muscler votre milieu ou laisser Micoud diriger la manoeuvre ? Si je vous réponds, je vous donne la composition de l'équipe. Vous verrez mercredi. Liverpool, c'est quand même un bon souvenir puisque vous les aviez éliminés (avec le PSG en demi-finale de C2, saison 1996-1997). C'est vrai. En fait, c'est à l'aller que ça s'était joué (3-0). Ils étaient arrivés très relax. Mais au retour, ça n'avait pas été la même histoire (0-2). On avait faillit passer à la trappe. C'est un grand club, avec une grande histoire. Ils savent être présents dans les grands rendez-vous. Et cette année, ce n'est pas le même Liverpool. Ils sont beaucoup plus rigoureux qu'à cette époque. Non, ça ne va pas être la même histoire. Jusqu'ici en Ligue des Champions, Bordeaux a semblé jouer avec le frein à main, sans se lâcher. Doit-on s'attendre à un Bordeaux plus débridé ou toujours prudent ? Mais, vous savez, tous ces mots "audace " , "prudence " , "prise de risque " , "calcul " , ont leur place dans un match. Une rencontre est faite de plusieurs moments où ces notions doivent tour à tour prendre leur place. Alors c'est vrai que l'on part dans l'idée de prendre le jeu à notre compte car on est chez nous. Mais les intentions, ce n'est valable que pour les dix ou quinze premières minutes de la partie. Après, c'est le déroulement du match, l'adversaire, le score, qui conditionnent les intentions de l'équipe. Si jamais Bordeaux perdait mercredi soir, seriez-vous tenté d'utiliser les matches restants pour tester d'autres formules, d'autres animations, en vue du championnat et des autres échéances ? Impossible de répondre à ça. Tout ce que je peux faire c'est me projeter sur ce match, pas sur l'après. En cas de victoire, nous revenons à égalité de points avec Liverpool. C'est plutôt à cette hypothèse que je préfère penser.» Propos recueillis par Dave APPADOO.
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