RAYMOND DOMENECH, est-ce que la répartition entre A et A' sera lourde de sens mardi et mercredi ?

R.D. : Non pas du tout. Je rappelle que la liste c'est vingt-trois joueurs et il y en aura deux fois onze sur le terrain. L'esprit que je veux donner c'est celui que j'avais développé avant la Slovaquie. C'est la dernière ligne droite pour l'Euro avant la liste. J'attends de ces deux matches la même chose, de l'envie et de l'enthousiasme.

Est-ce difficile de faire comprendre aux joueurs l'esprit des matches A'? Par exemple Jérôme Rothen a déclaré qu'il préférait être remplaçant chez les A plutôt que de jouer en A'?

R.D. : Si j'étais joueur je penserais exactement la même chose. Le problème c'est qu'il faut arriver à dépasser ça. A moi de faire passer le message un peu plus. L'envie de montrer quelque chose est tout aussi importante que le résultat final du match. Il faut plutôt le voir comme une chance en se disant qu'en étant là, on a encore une chance de se montrer. Ceux qui joueront mardi doivent partir avec cet état d'esprit. Mais après il faut garder en tête l'objectif, et l'objectif c'est l'Euro. Le match contre la République Démocratique du Congo, c'est l'Euro.

Est-ce aussi valable pour Mandanda et Lloris alors que la hiérarchie des gardiens est claire et établie ?

R.D. : Je ne sais pas ce qui va se passer jusqu'au mois de mai. S'ils n'espèrent pas et qu'ils ne montrent pas quelque chose et s'ils abandonnent avant de commencer, tant pis pour eux. La hiérarchie elle est établie, elle est claire pour le moment. J'ai dit pour le moment. Et tant que les joueurs sont performants et n'auront pas passé le cap au-dessus, la hiérarchie sera celle-là.

Qu'est-ce qui peut modifier la donne ?

R.D. : C'est vraiment une méforme totale, c'est une blessure. Mais je ne changerai pas pour changer, pour faire jouer un petit jeune.

Est-ce que les joueurs comprennent que l'Euro est lancé pour eux alors qu'ils ont encore d'autres préoccupations avec leurs clubs ?

R.D. : C'est difficile de se dire maintenant pour un joueur de se projeter directement puisqu'il sait que sa participation à l'Euro dépendra un peu de ses performances en club. Celui qui jouera le haut niveau, qui sera performant en Ligue des Champions met plus de chances de son côté que celui qui joue pas en Ligue des Champions et qui est quinzième du championnat. Avec ces matches-là, on peut rabâcher, on peut relancer, leur dire : "Rappelez-vous il y a l'Euro".

Est-ce que ces matches amicaux vont réellement changer la liste que vous avez en tête ?

R.D. : Moi je le répète, cela ne fait pas six mois que je l'ai en tête (sous entendu bien plus, ndlr)... Mais elle est susceptible de modifications. Au départ j'ai une idée de base, et en fonction de ce qui se passe, on est obligé de bouger un petit peu. On est bien obligé de construire une équipe en disant "j'ai ça en tête, est-ce que ça va fonctionner?". Et petit à petit on évolue. Cela peut rester comme c'est, je ne sais pas.... La décision, ce sera au mois de mai.

Eurosport - AFP