Dans son discours, M. Platini a exprimé sa préoccupation concernant la pression de diverses influences néfastes que subissaient les valeurs culturelles et sociales fondamentales du football. Il a appelé à la préservation du modèle sportif européen basé sur des éléments comme la solidarité financière, ainsi qu'à l'ouverture des compétitions avec un système de promotion et de relégation. Il a par ailleurs appelé l'Assemblée à soutenir un projet de résolution sur la nature spécifique du sport et le modèle sportif européen.

Un puissant facteur "Le sport européen a toujours été un puissant facteur d’intégration sociale et culturelle", déclarait M. Platini. "Je suis moi-même, de par mes origines, comme des dizaines de millions d’Européens, un pur produit de cet énorme brassage qui est l’essence même de l’Europe dans laquelle nous vivons. Je me suis formé par le sport et grâce au sport et j’essaye aujourd’hui de repayer cette dette en tentant de renforcer par mon action ces valeurs qui nous sont chères."

Aspects essentiels "Deux aspects essentiels font du modèle sportif européen un modèle à la fois unique et profondément juste : la solidarité entre les différents niveaux du sport européen et l’ouverture des compétitions grâce à la promotion et à la relégation. Toute atteinte portée à ces deux éléments sonnerait le glas du rapport organique qui existe entre le sport et la société sur notre continent."

Les valeurs du sport M. Platini estime que le sport de base et ses volontaires, aux côtés des organisations sportives européennes, participent à maintenir l'équilibre et permettent la transmission et la pérennité des valeurs du sport. "C’est ce modèle sportif européen qui participe à sa façon à la sauvegarde des identités locales, régionales et nationales. Mais également à la fraternité et à l’échange entre les peuples et les nations", expliquait-il.

Explosion des intérêts Le président de l'UEFA a parlé d'une "explosion des intérêts sectoriels et corporatifs, que ce soient au niveau des ligues ou des clubs, et ce dans tous les sports collectifs qui ont un secteur professionnel. On s’efforce donc, par ces initiatives, souvent très médiatisées de privilégier l’arbre, surtout s’il est très grand et très riche, par rapport à la forêt. On tente de réduire en spectacle ce qui est une discipline, de galvauder un sport pour le transformer en produit. Il devient plus important de faire des profits plutôt que de gagner des trophées."

Problèmes sociaux M. Platini a ajouté que plusieurs problèmes sociaux se reflétaient dans le sport, en particulier dans le football, puisqu'il s'agit de loin du sport le plus populaire et qu'il attire la majorité de l'attention des médias. "D’autres fléaux passent de la société au sport : le blanchiment de l’argent sale, les matches truqués, les paris illégaux, le racisme et la xénophobie, le dopage, sans oublier la traite des enfants. La liste est longue mais elle nous permet de définir tous les domaines où une étroite coopération est nécessaire et inévitable entre les autorités sportives et les pouvoirs publics." M. Platini estime que si le sport professionnel devait être traité comme un secteur d'activité commerciale, comme n'importe quelle entreprise, les activités sportives finiraient par être vues "à travers le prisme ô combien déformant du droit de la concurrence."

Des changements bien accueillis Le président de l'UEFA accueillait chaleureusement les modifications récentes : "Au niveau de l’Union européenne, le Traité de Lisbonne modifie considérablement la donne en reconnaissant la spécificité sportive. Dans ce même contexte, il y a une initiative fort positive des gouvernements néerlandais et français sur la spécificité sportive". M. Platini a déclaré aux parlementaires que le projet de résolution visait, entre autres choses, le respect de la spécificité du sport et la préservation du modèle sportif européen. Il a appelé au soutien de l'initiative franco-néerlandaise par les représentants de l'UE dans leur pays respectif, ce qui aiderait à promouvoir la résolution parlementaire.

Un effet positif M. Platini a également souligné l'effet positif que la création d'un Accord partiel élargi sur le sport a eu sur le sport européen. "J’aimerais ici encourager les Etats qui ne l’ont pas encore fait à en devenir membre", a-t-il conclu. La résolution a ensuite été adoptée à l'unanimité.

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