jeu 29 nov 2007
Marseille s'incline à Inönü devant le Besiktas Istanbul
29 11 2007A défaut de vivre les mêmes joies et les mêmes peines en Ligue 1 que celles de l'Olympique Lyonnais, Marseille partage désormais un point commun avec son prestigieux compatriote en Ligue des Champions. Sa dernière sortie, qui sonnera le glas des phases de poules de la compétition, rimera avec une finale. Autrement dit, un match couperet qui décidera de la présence ou non du club phocéen au sein du Top 16 européen en février prochain. Tout cela à cause d'une défaite concédée sur la pelouse de Besiktas (2-1), ajoutée à la démonstration de Liverpool devant Porto (4-1).
Un revers en Turquie donc, le deuxième consécutif en C1 cette saison, qui oblige désormais aux hommes d'Eric Gerets à se préparer, dans quinze jours, à jouer le match de leur vie. Pour cela, il faudra corriger les errances entrevues à Istanbul et surtout trouver quelques certitudes tactiques, en plus de celles déjà apportées par le technicien belge depuis son arrivée sur la Canebière. Car l'OM a montré plusieurs visages face aux hommes d'Ertugrul Saglam. D'abord celui du visiteur un peu timide, probablement impressionné par la puissance et la portée des cris d'un stade Inönü acquis à la cause de ses héros. Ensuite, celui de la bête terrifiée, apeurée et surtout perdue dans une enceinte trop bouillante pour elle.
Le double effet Taiwo
Une attitude expliquée par la sortie précoce de Samir Nasri (21e). La cheville gauche bandée de l'international tricolore n'a pas résisté longtemps aux premiers duels avec les joueurs turcs aux abords de la ligne médiane. L'entrée en échange de Djibril Cissé n'a d'autre effet que de perturber l'équilibre phocéen. Et dans la foulée, Tello profite d'un coup franc offert par Bonnart aux 18 mètres pour surprendre Mandanda (26e, 1-0). L'OM n'a alors plus le choix : pour se sortir de ce mauvais pas, les Olympiens se jettent à l'assaut du but de Rüstü. Zubar (30e) mais surtout Valbuena, suite à une frappe contrée de Niang (35e), font parler la poudre. Insuffisant pour remettre de l'ordre tactiquement dans la baraque phocéenne qui tangue doucement mais sûrement.
Alors, au lieu d'attendre de voir Zubar exploser en plein vol, Eric Gerets se décide à rendre à César ce qui lui appartient. Bonnart, au profit de l'entrée en jeu de Taiwo (46e), retrouve son flanc droit. Si Niang préfère naturellement se déporter à gauche, c'est à droite, Cissé oblige, que le Sénégalais s'en va porter le danger dans la surface turque. Mais hormis Valbuena et le double pivot Cana-Cheyrou, les satisfactions sont rares dans l'animation de jeu marseillaise. Trouver correctement Djibril Cissé est toujours une tâche aussi obscure et compliquée pour ses partenaires, à tel point que ces derniers, à l'image de Niang, s'en remettent à quelques raids solitaires (60e).
Quand ce n'est pas à un exploit personnel. Taiwo ne laisse pas passer l'occasion de montrer au peuple turc toute la "finesse" de son pied gauche. Un ballon perdu aux vingt-cinq mètres se transforme en boulet de canon, trop puissant pour Rüstü, obligé de s'incliner (65e, 1-1). Un coaching payant pour Gerets, du moins jusqu' à la 88e minute. Car le Belge n'est pas le seul à avoir le nez creux. Pis, c'est même son propre pari que le technicien marseillais voit remis en cause en fin de match. Alors que Cissé manque une mini-balle de break (87e), Bobo, fraîchement entré en jeu, profite du placement toujours aussi laxiste de Taiwo pour filer dans son dos et tromper sèchement Mandanda (88e, 2-1). Inönü peut exulter, son équipe s'offre un ultime espoir d'accrocher les 8e de finale de C1, à condition de battre Porto dans quinze jours... Une finale en somme pour les Turcs. L'OM aura aussi la sienne dans quinze jours au Vélodrome. Une victoire face aux Reds et les calculettes pourront rester éteintes. Et la qualification n'en sera que plus belle.
LA DECLA : Eric Gerets (entraîneur de Marseille)
"A l'exception du résultat, il y a toutes les raisons d'être satisfait... enfin pas toutes, car tactiquement, nous avons mal joué en première mi-temps. Delgado a joué très haut à côté de Bobo, et Besiktas avait toujours un arrière droit libre. Les choses se sont améliorées après notre changement tactique en 2e période. A 1-1, on a tout fait pour gagner. On aurait dû gagner ce match. Le match contre Liverpool sera déterminant. Nous aurons un grand avantage : 50 000 spectateurs derrière nous. Nous aurons vraiment besoin d'eux car Liverpool est en grande forme. Nous n'avons jamais fait de mauvais matches, mais nous commettons encore beaucoup trop de fautes individuelles, de placement, impliquant les mêmes joueurs. C'est dommage, car ce soir nous avons marqué un but de toute beauté. Il va falloir arrêter ces erreurs mais je ne veux jeter la pierre à personne."
Eurosport - Alix DULAC